Découvrez le monde de l’entrepreunariat grâce à des chefs d’entreprises qui changent le monde !

[SWiTCH Initiative] ITW de Romain Desbrest, fondateur d’OKIWI

Logo OKIWI_RVB_SP_Vert2Depuis 2011, nous rencontrons régulièrement des chefs d’entreprises passionnés qui font bouger les lignes en créant des produits ou des services directement inspirés de leurs pratiques sportives ou de leur philosophie de vie. A l’occasion d’un déjeuner, nous avons échangé avec Romain Desbrest le fondateur d’OKIWI, une start-up annécienne qui vise haut. Interview « no bullshit ».

SWiTCH : Bonjour Romain, pouvez-vous nous présenter votre parcours et pourquoi avez-vous créé votre entreprise ?
Romain Desbrest : Issu d’une école de commerce et après avoir passé 6 mois en Amérique latine, j’ai d’abord démarré mon parcours professionnel en consacrant quelques mois à un projet de création d’entreprise, qui est resté au stade embryonnaire. J’ai ensuite rapidement rejoint agap2, une société de conseil en ingénierie avec comme objectif la constitution d’un portefeuille de clients dans le secteur de l’énergie, ainsi que la mise sur pied d’une équipe de consultants. Société jeune et innovante, qui à l’époque fêtait ses 4 ans d’existence, il y régnait une vraie culture entrepreneuriale, où l’on s’efforçait de bousculer les codes du secteur. J’ai durant cette période, vraiment prenante en temps et en énergie, énormément appris, ayant la responsabilité totale d’un centre de profit, et devant piloter à la fois les aspects commerciaux, techniques et RH.

Ayant notamment travaillé sur de nombreux projets internationaux, au Canada (construction de puits de stockage dans le grand nord), en Angola (réalisation du nouveau siège de Total) ou en Birmanie (réhabilitation d’une ligne de voie ferrée), j’ai eu l’occasion en 2011 de partir en Suisse, où j’ai pris la tête de notre département chimie et pharmacie avec une vingtaine de personnes dans mon équipe. Agap2 est progressivement devenu un très grand groupe, nous étions ainsi passés en 4 ans de 400 personnes à 1 200 personnes, au moment j’ai quitté la société en 2013.

Plusieurs alternatives s’offraient alors à moi, et j’ai pris la décision après quelques semaines de vacances et de réflexion de me lancer à mon tour dans la création d’entreprise, pour mener et faire vivre un projet avec ma vision et mes convictions. Après avoir étudié pendant 2 mois la faisabilité technique et financière d’un tel projet et n’ayant pas trouvé de facteur bloquant, je me suis lancé à temps plein. Cela fait désormais 2 ans que l‘aventure à démarré et le lancement commercial vient tout juste d’avoir lieu en décembre.

Romain Desbrest - Okiwi - SWiTCH

SWiTCH : Comment vos proches ont-ils réagi à l’annonce du projet ?
Romain Desbrest : Mes proches ont globalement réagi avec enthousiasme à ce nouveau projet, car j’ai toujours eu la chance d’avoir le soutien et la confiance de mon entourage dans les différents projets, même un peu fou que j’ai pu entreprendre par le passé, notamment sportifs et humanitaires. Néanmoins il faut aussi souligner que tout le monde ne comprend pas toujours ce que je fais au quotidien, la nécessité de se projeter sur du moyen terme et d’avoir une vision globale, même si l’on ne produit rien au quotidien, notamment pour mettre en place une solution que l’on va pouvoir facilement scaler par la suite. Plus largement il n’est pas toujours évident d’échanger et de partager sur des enjeux que la plupart des gens ne soupçonnent pas, notamment sur des problématiques techniques, liées au stockage, à la sécurité, au réseau, au paiement, à l’acquisition, et à toutes les aspects inhérents à ce type d’activité m-commerce. En effet le numérique peut parfois paraître comme un univers complexe et certains aspects ne sont pas toujours facilement conceptualisables pour certaines générations et / ou personnes qui n’en sont pas imprégnées au quotidien.

SWiTCH : Peux-tu nous expliquer ce qu’est OKIWI ?
Romain Desbrest : OKIWI édite une application mobile éponyme pour smartphone et tablette tactile qui permet de commander ses photos pour les recevoir imprimées chez soi. Nous permettons ainsi très simplement aux utilisateurs qui aujourd’hui prennent massivement des photos notamment depuis leurs téléphones, de pouvoir les recevoir imprimées par la Poste, afin de pouvoir les partager pour de vrai avec ses proches ! Je suis parti d’un constat finalement simple, aujourd’hui avec un téléphone en poche, il n’a jamais été aussi facile de prendre des photos, quelque soit l’endroit où l’on se trouve. En voyage, entre amis, dans son jardin ou à l’autre bout du monde, immortaliser un moment privilégié avec son mobile est en effet devenu un jeu d’enfant et le nombre de photos prises explose.

Mais étonnamment, il n’a jamais été aussi compliqué de faire développer ses photos. Fini le temps où l’on pouvait déposer sa pellicule en magasin puis repasser deux jours après les récupérer. Imprimer des photos est véritablement devenu compliqué ! OKIWI a pour vocation première de rendre de nouveau possible l’impression de tirages photo au gré de ses envies, afin de garder de véritables souvenirs et pas que virtuels sur un disque dur ou sur un réseau social.

Par ailleurs ayant eu l’occasion de voyager dans de nombreux pays et notamment en Iran, en Colombie ou au Népal, j’ai régulièrement été confronté à un autre problème: les cartes postales qui n’arrivaient jamais, ou alors avec trois mois de retard. OKIWI permet ainsi d’envoyer des cartes postales où que l’on se trouve à travers le monde, afin de pouvoir partager une fois encore les photos que l’on aura pu prendre au cours de ses voyages. L’avantage d’OKIWI c’est que l’on envoie ses propres photos, et que l’on est sûr que les cartes postales arrivent à destination, qui plus est rapidement, le temps moyen de réception dans la boîte aux lettres du destinataire étant de 3 jours !

Okiwi - Homepage

SWiTCH : Quelle est votre clientèle actuelle et que leur proposez-vous ?
Romain Desbrest : Notre application se destine à tous ceux qui aiment faire des photos mais qui ne prennent plus le temps de les imprimer, car c’est devenu une démarche qui est devenue fastidieuse, chronophage et compliquée. Nous nous adressons plus particulièrement à toutes les personnes qui pratiquent des activités de plein air, qui partent en vacances à la montagne ou à la mer, les personnes qui voyagent en France ou à l’étranger, tous ceux qui finalement vivent des émotions incroyables et qui souhaitent les partager avec leurs proches. Nous avons notamment créé l’Okimaton qui permet de prendre 4 photos à la suite directement depuis son smartphone, fonction que l’on peut découvrir en video ici : http://bit.ly/1XQoKGV

SWiTCH : Quelle a été la plus grande difficulté que vous avez connu depuis la naissance du projet jusqu’à aujourd’hui ?
Romain Desbrest : La plus grande difficulté réside clairement dans la réalisation technique de l’application et de l’ensemble du système d’information qui s’y rapporte. En effet nous devons être capable d’expédier au Portugal ou en Lituanie, les photos d’un client qui sera peut-être lui même en voyage au Guatemala ou en Australie, et qui souhaiterait envoyer 3 exemplaires d’une même photo à son frère, une carte postale à seconde personne, tout en imprimant pour soi évidement quelques photos souvenirs dans différents formats. L’univers du mobile est à la fois extrêmement récent mais constamment en perpétuelle évolution, ce qui rend sa maîtrise complexe. De plus le marché des smartphones évoluant au quotidien et les mises à jour logicielles étant tout aussi régulières, le maintient de la compatibilité de notre application demeure un challenge permanant.

SWiTCH : Quelle a été la plus grande satisfaction depuis la création ?
Romain Desbrest : L’une de mes plus grandes satisfaction et de voir l’enthousiasme des gens à qui je parle de l’application ou l’étonnement et la surprise de ceux la découvrent la première fois. Lorsqu’une personne réalise alors tous les avantages que cela peut apporter au quotidien pour partager ou envoyer ses photos à des proches, et qu’elle s’écrie « Mais c’est génial en fait ! », là on sait qu’on est quelque part sur la bonne voie !

SWiTCH : Quelles sont les valeurs fondamentales de votre entreprise ?
Romain Desbrest : J’essaye de donner du sens à ce que j’entreprends et de partager mon enthousiasme avec les personnes avec qui je travaille. Beaucoup de personnes avec qui je travaille aujourd’hui et notamment sur la partie technique sont fidèles car elles ont conscience d’être totalement partie prenante de cette aventure, alors qu’objectivement lors de la première année, techniquement et commercialement il n’y avait pas grand chose pour faire rêver, si ce n’est la vision que je portais pour OKIWI et mon enthousiasme.

Plus largement je considère OKIWI comme un vecteur de partage et de découverte, nous essayons ainsi de faire découvrir chaque semaine à notre communauté des endroits improbables et incroyables à travers le monde via notre blog : http://okiwi-app.com/we-love/ Ces valeurs de partage sont retrouvent aussi dans les échanges inter générationnels que nous créons. Mes grands-parents les premiers se plaignaient de ne plus recevoir de photos, eux qui ne sont ni connectés sur les réseaux sociaux et qui n’ont pas non plus de smartphones, peuvent de nouveau avoir accès à ce que je fais lors de mes week-ends ou de mes sorties en montagne.

Nous sommes aussi fortement imprégnés par les valeurs de plaisir, de liberté et dépassement de soi, valeurs que l’on retrouve bien évidement dans le monde du sport en général et des sports de montagne en particulier. Notre implantation à Annecy ne doit rien au hasard ! Cet esprit de découverte, d’aventure et de liberté est partout présent chez OKIWI, que ce soit dans notre charte graphique et nos couleurs, ou même dans notre nom qui immanquablement évoque la Nouvelle-Zélande via son animal national, et par extension donc le voyage, l’aventure et les grands espaces !

SWiTCH : Quels sont vos moyens de communication à l’heure actuelle ?
Romain Desbrest : Nous développons aujourd’hui des partenariats avec des acteurs qui sont proches de nos valeurs. OKIWI était ainsi partenaire de l’Oxfam Wintertrail qui avait lieu dans la vallée d’Abondance les 5&6 mars, un défi sportif et solidaire de 60 km en équipe et en raquettes qui illustre parfaitement nos valeurs. Nous proposons ainsi nos services de manière ciblée à certains acteurs du tourisme, OKIWI étant un formidable moyen pour faire la promotion d’une station ou d’une région, et nous sommes toujours prêts à étudier de nouveaux partenariats. Nous communiquons également bien évidemment à travers les réseaux sociaux qui sont des vecteurs indispensables. Enfin nous efforçons de tisser des liens depuis deux ans maintenant avec la presse, démarche longue et prenante mais tout aussi nécessaire.

SWiTCH : Quelle est votre vision à cinq ans pour votre entreprise ?
Romain Desbrest : Nous souhaitons nous imposer d’ici 3 ans comme l’application photo de référence pour les activités outdoor. Notre objectif est ainsi de devenir incontournable pour toutes les personnes qui voyagent, font du sport, et ont envie de partager ces moments particuliers avec leurs proches. Que ces personnes partent en vacances à la montagne, partent en tour du monde, en week-end, en famille ou entre amis, nous souhaitons qu’elles puissent partager en vrai à nouveau simplement et rapidement leurs photos quand elles en ont envie et avec les personnes qu’elles souhaitent.

SWiTCH : Est-ce que vous auriez un conseil pour une personne qui voudrait créer son entreprise, mais qui n’ose pas encore ? Par où commencer ?
Romain Desbrest : Il ne faut pas avoir peur de se fier à son instinct si l’on porte un projet. Il faut bien avoir en tête que se lancer dans l’entrepreneuriat, qui plus est seul, n’est pas simple et demandera toujours plus de travail et d’efforts qu’on peut se l’imaginer. C’est une course de fond, mais à l’instar d’un trail, si l’on reste déterminé tout est possible. Et comme pour la course à pied, le plus dur est de se lancer, une fois que l’on est parti il n’y a qu’à suivre le chemin devant soi !

Merci Romain et longue vie à OKIWI !

SWiTCH Initiatives – ITW de Christian Alary, fondateur de La Fabrique du ski

Faire du Made in France, de la conception à la manufacture en passant par le développement, c’est le pari que s’est lancé Christian Alary. Après avoir travaillé 2 ans pour la marque de ski américaine Ramp, il retourne en France pour créer sa propre marque en 2014. Débute alors, dans le massif de la Chartreuse, l’aventure de La Fabrique du ski… Rencontre.

Logo La Fabrique du ski

SWiTCH : Bonjour Christian, pouvez-vous vous présenter rapidement ?

Christian Alary : Bonjour, je suis Christian Alary et je suis ingénieur mécanicien. En 2001, je suis rentré chez Rossignol et j’en suis parti en 2006, j’étais alors Responsable de la Recherche et de l’Innovation. J’ai ensuite créé une société avec des associés qui s’appelait KaOrigin. Cette société faisait de la décoration et de la personnalisation de skis jusqu’en 2009. Puis j’ai créé une gamme de ski pour la marque américaine Ramp, qui était naissante à l’époque, et j’y suis resté 2 ans. Ensuite j’ai intégré Décathlon pendant 2 ans où j’étais Responsable de l’Atelier skis et snowboards et Responsable de l’Innovation pour la marque Wed’ze. J’ai donc quitté Décathlon en 2012 et je suis parti aux USA pour la marque américaine Ramp à Park City dans l’Utah jusqu’à 2014. Je leur ai créé une ligne de skis. Aujourd’hui encore je travaille pour eux puisque je suis leur Responsable Recherche & Développement où je fais tous les développements nouveaux produits, l’optimisation du procédé. En parallèle, j’ai créé La Fabrique du ski il y a un an. On peut dire que je suis toujours resté dans le monde du ski !

SWiTCH : Qui sont les fondateurs de La Fabrique du ski ?

C.A. : Je suis l’unique fondateur de la Fabrique du ski mais j’ai eu pas mal de soutien. Le premier gros soutien a été l’agence Arro Studio, notre agence de design aujourd’hui, avec qui j’avais déjà dû travailler, que je connaissais bien et qui a participé à l’aventure. Le deuxième soutien, c’est les soutiens financiers. La Fabrique a eu l’aide du réseau Initiative, de BPI France et de notre communauté de communes qui s’appelle « Cœur de Chartreuse ». C’est cette dernière qui dispose du bâtiment que nous utilisons aujourd’hui et qui nous a beaucoup aidés dans notre implantation. L’année dernière, il y a une personne qui m’a aidé en production et qui m’a aussi donné un petit coup de main notamment pour la partie promotion terrain. En effet, nous faisons pas mal de démos, c’est-à-dire que nous allons de station en station avec une tente et notre marque de ski test que nous faisons essayer aux clients. Cette personne fait partie de l’équipe de La Fabrique maintenant.

SWiTCH : Comment a germé l’idée de La Fabrique du ski ?

C.A. : Quand je travaillais chez Ramp aux USA, j’étais donc un français qui faisais des skis pour le marché américain alors que leurs produits sont du Made in USA. J’avais vraiment envie d’exploiter un procédé nouveau en France, de faire ma propre marque, sans grandes ambitions, mais faire quelque chose de sympa. Je voulais aller vers de la R&D, sur de la production plutôt que sur une image de marque pure, me baser sur les produits et la capacité à faire des bons produits en France. Après pour choisir le nom, nous y avons réfléchis avec ma compagne. Nous voulions quelque chose d’assez explicite, qui sorte des standards actuels. Arro Studio, notre agence design, était en accord avec La Fabrique de ski. C’était un nom qui parlait de soi-même, ce n’était pas un nouveau nom sortit du chapeau : nous sommes La Fabrique du ski, nous fabriquons des skis, voilà ! Nous pouvons faire d’autres produits bien sûr, mais ça ne sera pas forcément sous le nom La Fabrique du ski. En tout cas, ce nom nous paraissait assez pertinent et nous nous y retrouvions pas mal. De la même façon, le design sort du lot effectivement, mais si vous regardez les noms utilisés pour nos modèles, ils sortent carrément du lot ! Il y a des modèles qui s’appellent « Je n’irais pas sans toi », « Enfin seul », « Quand la montagne s’en mêle », « L’orage gronde » … Pour nous, nous allons raconter une nouvelle histoire qui est un peu décalée par rapport à ce qu’il se passe sur le marché du ski à l’heure actuelle. Créer une nouvelle marque qui est produite en France, c’est complétement décalé, alors je voulais aller jusqu’au bout dans mon idée.

La Fabrique du ski 2

SWiTCH : Depuis le début de La Fabrique du ski, qu’est ce qui a été le plus plaisant ?

C.A. : Franchement, le plus plaisant ça a été le retour sur les produits. Le retour des gens qui ont testé les produits. La Fabrique c’est une production en France mais au-delà de ça, il y a de la R&D. Nous développons des nouveaux produits et même à ce niveau-là, nous avons toujours le doute que notre gamme ne soit pas forcément bien accueillie ou que le produit ne soit pas bon. Nous nous posons tout un tas de questions. Nous sommes obligés de produire avant la saison, c’est-à-dire que nous ne produisons pas à la commande parce que nous n’avons pas les moyens de le faire à la commande (ça prend trop de temps). Nous avons toujours peur que ce que nous sommes en train de faire ne correspond pas et que nous sommes à côté de la plaque. Nous allons pas mal en station faire tester nos skis à tout le monde et c’est vraiment ce retour sur les produits, que ce soit sur les magazines ou sur le web aussi, qui font plaisir.

La Fabrique du Ski 1

SWiTCH : Actuellement, vous produisez combien de paires par an ?

C.A. : Nous avons un an d’existence, donc l’année dernière c’était 150 paires. Nous sommes forcément en croissance vu que nous étions inconnus avant. Cette année, je pense que nous allons passer autour de 250 à 300 paires. Ce n’est peut-être pas très ambitieux mais nous avons l’intention d’y aller progressivement et de ne pas devenir trop gros.

SWiTCH : Qu’est ce qui, pour vous, a été le plus difficile par rapport à cette création d’activité ?

C.A. : J’ai beaucoup bossé tout seul au départ, j’ai même perdu 10 kilos, c’était très dur. Mais c’était la condition pour arriver à créer quelque chose en France, sans forcément beaucoup de moyens. Je ne pouvais pas embaucher très vite. Pendant 6 mois j’étais tout seul et ça a été un peu dur.

SWiTCH : Maintenant vous avez une collaboratrice ?

C.A. : Ma compagne continue à m’aider mais ce n’est pas la personne principale, elle a une activité par ailleurs. Ceux qui sont vraiment impliqués dans La Fabrique ce sont nos designers et Sam, qui me donne un coup de main sur la partie production et promotion. C’est vraiment ces 3 personnes-là qui sont avec moi et qui portent La Fabrique du ski à mes côtés.

SWiTCH : Quels sont, selon vous, les valeurs fondamentales de La Fabrique du ski ?  

C.A. : Les valeurs fondamentales – et ce qui ressort aussi au travers de discussion avec nos clients – c’est la technicité (la R&D, la valeur des produits) et le fait que nous nous acharnons à vouloir faire nos skis en France. Le Made in France ce n’est pas qu’un argument marketing. Tous ceux que je connais qui ont fait des produits en France et qui ont eu la volonté de faire des produits en France, pense comme moi que ce n’est pas facile. Il faut d’abord réussir à assumer cette production française car la production, c’est dur et ça peut être physiquement éprouvant (en particulier dans le ski). Le Made in France ne peut pas être un élément de départ. Si nous produisons en France, que nous communiquons dessus, ce n’est pas pour autant que nous allons vendre pleins de produits. Si quelqu’un créé une production, quel qu’elle soit en France, pour dire je fais de la production en France et pour profiter de la communication que ça peut apporter, je pense qu’il va aller dans le mur. Il faut d’abord être capable de faire la production en France avant de s’en servir en tant qu’argumentaire.

SWiTCH : Pour vous, quels sont les facteurs concurrentiels de La Fabrique du ski par rapport à vos principaux concurrents ?

C.A. : Nos skis sont un peu différenciés, différenciant et ils sont très appréciés. J’espère que nous avons des valeurs différentes des concurrents et que nous touchons une certaine catégorie de skieurs, au travers de ce que nous cherchons à mettre à La Fabrique du ski. Nous avons un business model commercial qui est un peu différent puisque vous ne nous retrouverez jamais en magasin ou en location. Nous vendons tout en direct, du coup nous avons une relation clientèle qui est un peu différente. Nous n’avons pas d’intermédiaire donc nous sommes en permanence au contact de nos clients. Personne n’achète de skis à La Fabrique sans que nous l’ayons eu au téléphone ou que nous l’ayons vu sur les démos ou à notre atelier.  Nous avons cette relation client privilégié qui est, même pour nous, hautement plus valorisante. C’est pour ça aussi que nous ne voulons pas faire de la vente de masse parce que nous perdrions ce contact client.

SWiTCH : Quels sont les moyens de communication que vous avez utilisés pour faire connaitre votre marque et vos produits ?

C.A. : Nous avons participé à un salon l’année dernière sur Paris qui s’appelle Saint-Germain des Neiges. C’était au mois de décembre, donc en début de saison, et ça nous a permis de lancer un peu la Fabrique. Au-delà de ça, nous sommes sur le bassin de Grenoble avec une industrie qui est très présente et cette industrie va au-delà même des produits, j’inclus la presse. Nous avons été très aidés par la presse spécialisée. Ils nous ont soutenu, ont écrit des articles sur nous et de là, ça a eu un effet boule de neige et nous avons eu une très bonne presse au final. Je dirais même une assez bonne presse vu que nous avons fait de la télé, de la télé nationale, des radios nationales et de la presse papier payante nationale. Les Relations Presses ont été vraiment géniales pour nous !

La Fabrique du Ski sur Facebook

SWiTCH : Quels conseils donnez-vous à des gens qui voudraient créer leur entreprise pour se lancer dans cette création d’activité ?

C.A. : D’un point de vue marketing, c’est la base, mais c’est déjà de bien cibler sa clientèle. Un conseil pour les jeunes qui veulent se lancer : on veut parfois trop inonder le marché et ne pas regarder une cible précise (qui peut éventuellement s’étaler). Il faut ensuite gérer sa communication en fonction de ce que l’on veut faire. Si on veut cibler, c’est quand même beaucoup plus simple que de s’éparpiller et de n’arriver, au final, à toucher personne.

SWiTCH : Qui sont vos clients?

C.A. : Nous avons une clientèle pas forcément jeune. Nous avons l’image du consommateur de ski, du freestyleur, … A La Fabrique, nous ne sommes pas tout jeune non plus, du coup nous n’avons pas une clientèle qui est jeune, je dirais plus les skieurs autour de 35 ans. Des skieurs pas forcément bling-bling et qui sont à la recherche de bons produits, de produits techniques, mais toujours avec les valeurs que La Fabrique du ski transmet. Je dirais qu’en cœur de cible nous sommes sur du 30-45 ans, nous sommes un peu moins sur le positionnement 15-25 ans. Notre clientèle va être bien attachée aux valeurs de technicité, de productions locales je pense. Après il ne faut pas généraliser, certains jeunes sont attirés par ces valeurs aussi. Mais après toute personne qui s’y retrouve peut venir nous voir !

SWiTCH : Comment est-ce que vous voyez La Fabrique du ski dans 5 ans, et éventuellement dans 10 ans ?

C.A. : Dans 5 ans, je la vois comme elle est aujourd’hui, à peine plus grosse, à peine plus ambitieuse. Toujours axée sur les produits et pas sur les volumes, même si nous en avons besoin pour vivre, mais pas de manière disproportionné. Nous ne nous mettons pas en face des grandes marques de l’industrie du ski, ce n’est pas notre volonté. Notre volonté c’est plutôt faire de nouveaux produits, avoir de nouvelles aventures et à même temps, de pérenniser La Fabrique du ski sur des volumes modestes. Et dans 10 ans, je n’en ai aucune idée… Être encore là je dirais !

SWiTCH : Qui est-ce que vous considérez comme vos concurrents principaux?

C.A. : Nous sommes un petit milieu, je ne veux pas dire qu’il n’y en a pas… La marque de ski ZAG est passé nous voir, ils sont venus visiter l’atelier, nous buvons le café ensemble,… Je pense que nous arrivons à se partager le gâteau sans se marcher dessus vu que nous ne sommes pas forcément sur les mêmes positionnements. Du coup les clients de La Fabrique n’iront pas forcément chez ZAG, ou chez Black Smith, ou chez d’autres petites marques produites en France. ZAG ne produit pas en France mais je les inclus quand même parce que nous nous connaissons assez bien, nous sommes en contact en permanence, nous nous échangeons des conseils, nous nous passons des matières premières en cas de besoin… Nous sommes tellement différents en termes de positionnement et d’image de marque que nous ne nous voyons pas comme des concurrents. Je pense que nous sommes plus des confrères. Je n’entends pas les clients hésiter entre La Fabrique et ZAG ou la Fabrique et Rabbit on the Roof, parce que nous n’avons pas les mêmes clients.

SWiTCH : Êtes-vous rentables?

C.A. : Alors oui, mais c’est parce que je ne me suis pas encore versé de salaire !

SWiTCH : Est-ce qu’il y aurait un message que vous auriez aimé faire passer à travers cette interview ?

C.A. : Ce que je vous ai dit sur la production en France, c’est la vérité. Ce n’est pas le tout de vouloir produire en France, il va falloir trouver des gens qui ont envie de le faire. Aujourd’hui on a des marketeurs, des commerciaux et des ingénieurs mais on a vraiment réduit à néant cette base de production qui, pour moi, est vraiment le cœur même de l’industrie. C’est hyper important. C’est du savoir-faire qui va avec et aujourd’hui, ce n’est pas le tout d’avoir la volonté de re-produire en France, et de créer un ministère du redressement productif. Il va peut-être falloir valoriser les gens qui font de la production et valoriser le métier de la production, ce qui n’est pas forcément le cas aujourd’hui…

SWiTCH : Merci Christian, et bonne continuation !

[SWiTCH Initiative] ITW de Julien Durant de Picture Organic Clothing… 5 ans plus tard !

Depuis 2011, nous rencontrons régulièrement des chefs d’entreprises passionnés qui font bouger les lignes en créant des produits ou des services directement inspirés de leurs pratiques sportives ou de leur philosophie de vie. Il y a 5 ans, SWiTCH avait rencontré Julien Durant, co-créateur de Picture Organic Clothing. A l’occasion d’un déjeuner, il nous a livré son regard sur l’évolution de sa société, ses facteurs clés de succès et sa vision pour l’avenir. Interview « no bullshit ».

Julien Durant - Picture Organic Clothing - Portrait

SWiTCH : Quoi de neuf chez Picture Organic Clothing depuis décembre 2011, date de notre dernière ITW ? Quels sont les grands événements ou étapes que vous avez franchis en matière de développement d’entreprise et de marque ?
Julien Durant (J.D) : Je n’aurai pas une approche chronologique pour répondre à ta question, mais plutôt thématique. Nous avons beaucoup travaillé sur 4 sujets principaux :

  1. Le produit : Le produit et le travail de R&D est en place depuis la création de l’entreprise. Notre rencontre avec Henry Soulier nous a vraiment permis de passer à l’étape supérieure. Le travail avec Jonathan & Fletcher était formidable, nous avons beaucoup appris et cela nous a permis de travailler à l’échelle européenne. Mais il nous fallait passer d’une approche artisanale à une approche industrielle pour pouvoir entrer dans la cour des grands au niveau de l’innovation.
  2. La démarche écologique et développement durable : depuis 2013, nous avons poussé encore plus loin notre approche « no bullshit » du sujet. Nous avons mis en place un partenariat avec l’agence AIR pour nous accompagner dans la réalisation d’un audit complet du cycle de vie de nos produits. Nous avons particulièrement insisté sur la fin de vie des produits. Cette étape cruciale est désormais intégrée dès la conception des lignes textiles et accessoires. Notre démarche a été couronnée d’un premier ISPO Eco Award en 2014 pour la veste Welcome, qui est 100% recyclable, et d’un second en 2015 pour notre casque 100% éco-conçu. Nous avons ensuite réalisé un gros travail d’optimisation de la démarche globale de l’entreprise. Ce qui nous conduit au 3ème point : le développement social.
  3. Le développement social : Nous nous sommes interrogés sur le rôle de notre entreprise au sein de la société. On s’est aussi demandé ce qu’on faisait pour nos salariés. Nous avons donc décidé que pour tous les salariés qui avaient un projet personnel à caractère caritatif dans le cadre d’une association serait 100% pris en charge par l’entreprise. Ainsi, s’ils ont envie d’aller sauver les tortues à l’autre bout du monde pendant leur congés ou construire une école en Afrique pendant leur week-end, nous prenons en charge leur frais. Il ne s’agit pas de leur payer leurs vacances, mais de contribuer à leur permettre de rendre le monde meilleur ! Deux conditions pour la mise en œuvre de ce dispositif : avoir une lettre de mission de l’association décrivant le projet et que ce dernier soit à vocation sociale ou environnementale. Inutile de dire que nos collaborateurs ont trouvé l’idée motivante : ça donne du sens à ce qu’ils font au sein de Picture Organic Clothing et aux valeurs qu’ils portent au quotidien dans leur cadre professionnel. Nous allons par ailleurs créer une plateforme de crowdfunding pour soutenir des causes ou des projets entrepreneuriaux. Nous choisirons les projets que nous préférons pour les soutenir. Enfin, l’ensemble de nos athlètes sponsorisés a l’obligation de transmettre un message de sensibilisation à l’environnement et au développement durable dans leur prise de parole sur les média sociaux ou dans leurs vidéos. De cette façon, le message touche le plus grand nombre et petit à petit les gens prendront conscience de l’importance de protéger l’environnement.
  4. La diffusion : La marque a pris une aura internationale, elle est crédible et reconnue sur le marché international. Nous sommes désormais présents sur 150 points de vente en Amérique du Nord, 650 en Europe et une trentaine en Asie/Pacifique. La marque n’est pas assimilée à une marque française, mais à une marque globale. Cela permet l’adhésion de toutes les cultures et c’est un point fort pour l’avenir.

Julien Durant et les co-fondateurs de Picture Organic Clothing

SWiTCH : Quelles sont, selon toi, les facteurs clés du succès du développement de Picture ?
J.D : Les clés de notre bon développement résident, d’une part, dans notre démarche « no bullshit » en matière de développement durable. Nous ne sommes pas des opportunistes, nous ne suivons pas un effet de mode en la matière. C’était inscrit dans notre ADN de marque dès la création. Dans la même ligne, nous ne sommes pas vénaux ! L’argent n’est pas notre motivation première, nous n’avons pas besoin d’argent pour exister. Ce qui nous motive davantage, c’est de pouvoir assouvir nos loisirs – snowboard, wakeboard, randonnées en montagne, etc. – d’avoir de la reconnaissance sociale et surtout de briller dans les yeux de nos proches, nos pères en particulier… Nos clients le sentent bien et c’est aussi ce qui explique qu’il y a une adhésion multi-générationnelle, de 15 à 50 ans, autour de Picture Organic Clothing. D’autre part, nos produits présentent un excellent rapport qualité-prix. Nous avons fait de grandes concessions pour arriver à ce résultat, puisque notre marge n’est que de 39% quand nos concurrents se réservent 50%. C’est aussi pourquoi nous ne faisons pas de solde ou d’offre discountée. Les produits sont toujours vendus aux mêmes prix et le marché accepte de les tenir. Enfin, le dernier facteur, qui lui aussi est très fort depuis le départ, ce sont tous les efforts que nous menons en matière d’innovation sur les produits. Nous cherchons en permanence à améliorer nos produits et à n’en sortir de nouveaux – sacs, casques, etc. – que lorsque ceux-ci amènent vraiment quelque chose de nouveau sur le marché que ce soit dans leur composition et leur processus de fabrication ou dans le design.

SWiTCH : Ride For Future, Rider/protéger/partager, près de 8 ans après la création de Picture, vos valeurs sont elles toujours les mêmes ou ont-elles changé ?
J.D : Ca n’a pas bougé d’un pouce ! Il n’y a pas de dilution du discours et c’est ce qui fait que nous avons tant d’adhésion et d’affecte autour de la marque. Ca aussi c’est l’un de nos facteurs de succès !

SWiTCH : Quelle ont été vos plus grandes difficultés ces 5 dernières années ?
J.D : Je n’en vois pas vraiment, tout a été assez fluide. Il a fallu cravacher : on a rien sans rien ! Mais nous n’avons pas eu de gros coup dur. Nous avons a eu une gestion en bon père de famille et nous avons investi raisonnablement. Nous avons par contre eu à relever deux défis. Le premier est lié au fait que notre activité est très saisonnière et que l’été ne décolle pas autant que ce que nous voudrions. Cela ne représente que 15% de notre chiffre d’affaire. C’est pour cela qu’en 2016, nous nous lançons dans la wetsuit, afin de rééquilibrer et pérenniser l’activité. Le second était lié au service client, car nous avions de gros problèmes de facturation et de livraison. Pour y palier, nous avons beaucoup embauché sur des postes liés à la comptabilité, à la logistique, à la gestion administrative, etc. Depuis 2015, nous avons enfin une plateforme BtoB et notre service client est devenu honorable.

Julien Durant - Picture Organic Clothing

SWiTCH : Vous êtes sur le marché US désormais ? Comment vous êtes vous lancé ? Quelles difficultés ? Quelles surprises ?
J.D : Nous avons en effet investi le marché nord-américain par le biais d’un représentant sur place que nous partageons avec plusieurs marques (dont Black Crows, ndlr) pour mutualiser et diminuer les frais fixes, et être présent sur les quinze salons les plus importants aux USA.

Le marché américain local est très important et très maillé. Il est donc très difficile d’y pénétrer. Le cours Euros-Dollars ne facilite pas non plus les choses… Pour y faire de bonnes affaires, je recommande de ne surtout pas y aller seul et de trouver le bon partenaire sur place. Il faut être introduit et savoir faire parler de soi en amont. Il est nécessaire d’être beaucoup plus personnel dans les relations avec les retailers.

SWiTCH : Comment vois-tu Picture dans les 5 à 10 prochaines années ? Quelles sont les prochaines étapes à franchir pour la marque ? Quels projets avez-vous ?
J.D : Nous envisageons un chiffre d’affaire de 15 millions d’euros en 2016. Nous ne souhaitons pas faire entrer de nouveaux investisseurs. Nous voulons rester chez nous ! Cela nous évite de faire des reportings au kilomètre et nous permet d’aller rider quand nous le voulons sans avoir à s’en justifier. Si nous achetions un outil industriel, comme une usine, alors il le faudrait surement, mais ce n’est pas notre intention. Nous souhaitons surtout développer notre chiffre d’affaire à hauteur de 40% sur le marché de l’eau pour désaisonnaliser la marque. C’est un gros challenge, mais notre facteur clé de succès est un produit de très haute qualité au bon prix.

Julien Durant - Picture Organic Clothing - Leisure

Nous n’aspirons pas à la grande distribution, cela ne correspond pas à notre ADN de marque. Par contre, nous aimerions développer un réseau de points de ventes franchisés. Il faut aussi que nous continuions à légitimer la marque par le haut pour la rendre plus intemporelle et non plus « à la mode ».

Enfin, nous voulons descendre en ville par le biais des retailers et de concepts stores. Nous devons devenir un acteur urbain.

J’aimerai qu’on accède à l’échelle de Patagonia d’ici 10 ans… mais eux, ça leur a pris 40 ans !

SWiTCH : Qu’est-ce qui a changé ces 8 dernières années, depuis la création de la marque ? Process de fabrication ? Gestion d’équipe/RH ? Flux financiers ? Composition de l’équipe dirigeante ?

J.D : Nous sous-traitons de nombreux postes clés à des freelances ou des sociétés spécialisées. Ainsi les RH sont gérées par un cabinet, parce que c’est vraiment pénible. On en fait des tonnes sur ce sujet pour pas grand chose au final. Par contre, le management ne passe que par une approche humaine et par la motivation. Ainsi le bien-être au travail et un fort sentiment d’appartenance à l’équipe sont les points les plus importants auxquels nous sommes très vigilants. Nous vivons ensemble avec les équipes : on fait du sport, on partage nos chambre d’hôtel quand nous sommes en déplacement, etc.

SWiTCH : Tu es marié et tout jeune papa d’un petit Tom depuis quelques semaines, pas trop dur de tout mener de front ? En quoi est-ce que ça change ton rapport au travail ? Quelles sont tes sources d’inquiétude en tant que chef d’entreprise ? Et, a contrario, quelles sont les plus grandes sources de joie et de fierté ?
J.D : J’ai peur d’être dépassé par tous les projets, d’être trop enthousiaste à vouloir trop en faire et, par conséquent, que nous nous retrouvions dans une situation ingérable.

J’ai peur de ne pas avoir assez de temps libre. Je veux pouvoir avoir le temps d’éduquer mon fils et qu’il est des valeurs. Je découvre petit à petit que j’ai envie de passer plein de temps avec lui. Je vais surement devoir rationnaliser mes déplacements en travaillant par tranche de cinq jours pour être présent à la maison le week-end plutôt que de partir pour trois semaines.

Mon rêve est somme toute assez simple : je veux être tranquille et qu’on ne me casse pas les pieds pour passer du bon temps ! Je veux le faire en France, et non pas aux USA, parce que contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas la panacée.

SWiTCH : Merci Julien et longue vie à Picture Organic Clothing !
J.D : Merci à SWiTCH et rendez-vous dans 5 ans pour faire le point !

 

 

[SWiTCH Initiative] Résumé de notre visite privée de MND Group

En plein cœur du parc d’activités Alpespace en Savoie, Roland Didier, Directeur Général de MND Group, nous a accueillis pour une visite privée de l’entreprise leader sur le marché de l’aménagement en montagne. Bienvenue dans une industrie regroupant technologie, innovation et passion pour la montagne !

MND Group a pour mission de concevoir et construire de façon innovante des solutions d’aménagement performantes pour développer les sites de montagne. La société a fait le pari d’une offre globale pour se différencier et contrer la saisonnalité du marché. Agé de seulement 18 ans lorsqu’il a repris l’affaire familiale dans des circonstances dramatiques, Xavier Gallot-Lavallée a su la transformer en un véritable empire. La société consacrée à l’origine exclusivement à la sécurité des pistes ne comptait il y a une quinzaine d’années qu’un seul salarié. Progressivement de nouvelles compétences et secteurs d’activités ont été intégrés pour donner naissance au groupe en 2004. Désormais, la société est cotée en bourse, son chiffre d’affaires dépasse les 60 millions d’euros et plus de 340 collaborateurs y travaillent dans 49 pays !

Tour d’horizon des 4 pôles d’activités principaux du groupe :

  • La sécurité : en tant que pôle historique, MND Group est expert en sécurisation et équipement des pistes, déclenchement d’avalanches et installation d’équipements de sécurité. Le groupe est le leader mondial sur ce marché.
  • Les loisirs outdoors : sous la marque Techfun, MND Group conçoit et aménage des parcs aventures, via ferratas, luges et tyroliennes tant en montagne qu’en milieu urbain.
  • Les remontées mécaniques : MND Group est challenger sur ce marché mondial d’1,3 milliard d’euros dominé par les deux groupes Leitner Poma et Doppelmayr.
  • La neige de culture : MND Group propose des solutions d’enneigement sur un marché très concurrentiel et stable (autour de 200 millions d’euros de process), représentant le deuxième poste de dépense des stations de montagne.

Confiant sur l’avenir du business, Roland Didier a accepté de nous livrer quelques enjeux majeurs pour le groupe :

  • Gagner plus de parts de marché sur l’activité des remontées mécaniques en commercialisant les télésièges débrayables d’ici fin 2016.
  • S’affirmer sur le marché des aménagements urbains, qui permettent réellement de lisser l’activité de l’entreprise à l’année.
  • Cibler les marchés émergents tels que la Chine, le Japon et l’Asie en général qui développent leurs activités de tourisme et de loisirs à très grande vitesse. Les Balkans sont également une zone dynamique à conquérir.
  • Trouver une manière pertinente de communiquer sur l’unité de la marque ombrelle MND qui regroupe 7 sociétés membres, très distinctes.
  • Et bien sûr, innover continuellement ! C’est une valeur fondamentale pour le groupe qui consacre chaque année 3% de son chiffre d’affaire en R&D et qui détient près de 20 brevets internationaux.

Les 5 ingrédients clés du succès de MND Group sont le droit à l’erreur, la prise de risque, la confiance en ses collaborateurs, l’innovation et la capacité à bien s’entourer.

Merci beaucouppour cette visite et bonne continuation à toutes les équipes de MND Group !

SWiTCH Initiatives – ITW de Martin Gaffuri, fondateur de Good People Run

« Courir, c’est une bonne chose, mais courir en groupe, c’est mieux ! » C’est le message que Martin Gaffuri et ses collaborateurs ont essayé de faire passer en fondant GoodPeopleRun.com, réseau social de course à pied, en 2010. Après avoir obtenu son diplôme de l’ESSCA Angers avec un master 1 en marketing et un master 2 en communication, Martin Gaffuri a immédiatement voulu donner vie à son idée : faire de la course à pied un sport collectif. Nous avons rencontré cet entrepreneur – coureur professionnel pour en savoir plus.

SWiTCH : Bonjour Martin, peux-tu te présenter en 15 secondes top chrono ?
Martin Gaffuri : Bonjour, je m’appelle Martin Gaffuri, j’ai 28 ans et j’habite à Annecy. J’ai fait une Ecole de commerce. Je suis coureur pour la marque New Balance et je suis également entrepreneur dans le monde du digital avec la société GoodPeopleRun.com, un réseau social pour les coureurs à pied.

SWiTCH : Peux-tu nous expliquer ce qu’est GoodPeopleRun.com ?
M.G : GoodPeopleRun.com est un réseau social géo-localisé pour les coureurs à pied. Nous permettons aux gens de retrouver d’autres coureurs près de chez eux pour aller courir en groupe. J’ai monté ce réseau social car je suis coureur et j’ai un besoin personnel de pouvoir retrouver des gens où que je sois, pour courir en groupe, pour rencontrer des « locaux » qui peuvent me dire où aller courir, ou même dans un but de motivation.

SWiTCH : Quelle a été la réaction de tes proches au lancement de GoodPeopleRun.com ?
M.G : J’ai reçu du soutien des amis et de la famille. Mon père étant entrepreneur, j’ai hérité de cela dans mon éducation. Mais il y a aussi eu beaucoup d’incompréhension, car à la fin de mon stage de fin d’étude je pouvais avoir un CDI en Suisse avec un bon salaire et des missions intéressantes. Néanmoins, j’avais besoin d’aller me challenger sur ce projet qui commençait à me trotter dans la tête.

SWiTCH : Quels sont les clients de GoodPeopleRun.com ?
M.G : Plus que des clients, nous pouvons parler de communauté, car il s’agit de n’importe quelle personne qui souhaite pratiquer la course à pied en groupe. L’inscription au réseau social est totalement gratuite. Une fois inscrits, nous pouvons retrouver les coureurs et les groupes qui se trouvent à proximité de là où l’on habite.

SWiTCH : Quels sont vos moyens de communication ?
M.G : Au sein du réseau social même, nous envoyons aux inscrits des emails de notification quand il y a de l’activité près de chez eux afin de les informer des nouvelles sorties créées. Nous utilisons également des réseaux sociaux comme Twitter et Facebook et de temps en temps nous envoyons une Newsletter à tout le monde. Pas de presse écrite. Nous partons du principe que le bouche à oreille va permettre la croissance du réseau. Au sein du réseau, l’email suffit à échanger avec la communauté.

SWiTCH : Quelles sont les valeurs de l’entreprise ?
M.G : La grande valeur humaine que nous prônons est la confiance : la confiance que nous avons entre nous, ainsi que la confiance que les coureurs et les organisateurs de compétition nous accordent. Les coureurs viennent là car ils ont confiance en nous. De la même manière, les organisateurs ont confiance dans GoodPeopleRun.com car c’est un outil fiable. Nous sommes toujours disponibles pour trouver des solutions, que ce soit par email ou par téléphone.

SWiTCH : Quelles ont été tes plus grandes difficultés en tant qu’entrepreneur ?
M.G : Il faudrait certainement toute la nuit pour citer toutes les difficultés auxquelles nous avons été confrontées ! (Rire). Plus sérieusement, la plus grande difficulté a été de déléguer le travail. Au début je voulais tout faire moi-même avant de me rendre compte que ce n’était pas possible. C’est pourquoi j’ai fait entrer des profils et compétences différentes et complémentaires des miennes. Mais il est parfois difficile de déléguer tout en gardant un œil sur ce qui se fait. En effet, il faut toujours être capable de corriger le tir, ce n’est pas facile !

SWiTCH : Quelle a été la plus grande réussite de GoodPeopleRun.com ?
M.G : Notre plus grande réussite a été véritablement l’adoption des coureurs de GoodPeopleRun.com. Aujourd’hui nous avons 25 000 membres, dont plus de 20 000 en France. C’est une vraie satisfaction, car cela nous prouve que l’outil répond à une demande, et y répond bien.

SWiTCH : Vous avez 5 000 membres à l’étranger. Le réseau se développe à l’international ?
M.G : Nous avons développé le réseau à l’étranger au début. Notre version béta était en français et en anglais. Lors de mes déplacements à l’international j’avais planté des graines un peu partout (Etats-Unis, Canada, Australie, etc.). En revanche, la nouvelle version du site est exclusivement en français. Nous avons donc mis sur la touche 5000 personnes. Mais il y avait des choix à faire.

SWiTCH : Faut-il nécessairement être passionné par la course à pied pour créer ce genre de réseau ?
M.G : Quel que soit le projet, il est nécessaire d’avoir une vision « business », c’est-à-dire avec un business model qui tienne la route, surtout pour un « projet passion », car le risque est de se laisser emporter par la passion et de lancer un projet non viable. Etre passionné par la course à pied n’est pas indispensable, mais c’est un énorme plus pour la crédibilité auprès de ses clients ou de la communauté. Quand nous parlons course à pied, les clients voient tout de suite que nous savons de quoi nous parlons. La communauté est contente de voir que nous faisons cela parce que nous aimons la course à pied avant tout.

SWiTCH : Quelle est votre vision de Good People Run pour les cinq années à venir ?
M.G : Une vision à cinq ans pour une start-up, c’est beaucoup trop loin ! Ma vision à un an c’est un ou deux gros partenariats qui peuvent être potentiellement mis en place et définiront grandement l’avenir de GoodPeopleRun.com. Si ces partenariats se font, je pourrai vous recontacter et vous dire ce qu’il se passera dans cinq ans !

SWiTCH : Ok, c’est noté : rendez-vous dans 5 ans alors ! D’ici là, quels conseils donnerais-tu à un futur entrepreneur ?
M.G : A partir du moment où l’on a un projet et qu’on est bien entouré, il faut se lancer ! Je suis issu de la génération qui dit qu’il faut mieux se planter et gagner de l’expérience plutôt que de ne jamais essayer et avoir des regrets. Après, se lancer avec une idée et même avec un business model bien établi reste une idée sur le papier. Tant que votre idée n’est pas vérifiée avec des clients qui payent, elle reste un concept.

Le réseau m’a énormément aidé. Nous n’aurons jamais toutes les compétences nécessaires. Il faut donc être capable d’aller trouver les compétences complémentaires, soit les intégrer à la société, soit les piocher à droite à gauche au sein de réseaux. Notamment au sein du réseau Entreprendre en Haute-Savoie, qui est un réseau d’entrepreneurs d’un côté et de chef d’entreprises de l’autre côté. C’est une des meilleurs aides que j’ai pu avoir.

SWiTCH : Entrepreneur et coureur professionnel, est-ce difficile de concilier les deux ?
M.G : C’est viable, mais cela demande beaucoup de concessions sur le temps personnel. Je vais moins boire des coups le soir et faire la fête le weekend. Cependant, c’est un équilibre pour moi de pouvoir me vider la tête lors de mes entrainements, de mes compétitions et de mes voyages. J’étais au Costa Rica en début d’année et repart en Nouvelle Zélande pour une course. Etre coureur professionnel, c’est une ouverture, et également une possibilité d’élargir mon réseau pour GoodPeopleRun.com !

SWiTCH : Merci Martin, bon courage pour la suite et bonne chance pour tes prochaines courses !
Photo de droite : (c) Andres Vargas – LeadAdventure

SWiTCH Initiatives – ITW de Christophe Hermitan, fondateur de Synpeak

Sportif de haut niveau, Christophe Hermitan a décidé de mettre à profit son expérience d’athlète au service des enjeux de la forme et de bien-être en entreprise. Il a fondé l’entreprise Synpeak en 2012 avec Marie Aufranc. Leur but : intégrer le sport en entreprise et suivre les acteurs de l’entreprise dans leur bien-être personnel. Interview.

SWiTCH : Bonjour Christophe, vous avez 15 secondes top chrono pour vous présenter !

Christophe Hermitan : Bonjour, j’ai effectué une formation STAPS sur Grenoble, puis Lyon pour obtenir un master en préparation physique et mentale. Après une carrière de sportif de haut niveau, j’ai entrainé l’équipe de France de ski cross jusqu’en 2008, puis j’ai été préparateur physique dans un club de rugby professionnel. Ma passion du haut niveau m’a amené à monter mon entreprise. Je suis associé avec Marie Aufranc, diplômée de l’ESSEC Paris, qui était membre de l’équipe de France de ski alpin. Nous avons aujourd’hui pour objectif d’amener les valeurs et outils du sport de haut niveau au service des entreprises. Nous avons créé notre entreprise en novembre 2012. L’été 2013 a marqué la vraie mise en route.

SWiTCH : Comment vos proches ont-ils réagi à l’annonce du projet ?

Christophe Hermitan : Nous avons un entourage dynamique, donc nous avons été rapidement soutenus. Nous avons des profils d’entrepreneurs. En effet, en tant qu’athlètes de haut niveau nous avons la responsabilité de gérer notre propre carrière comme on le ferait pour une société. C’est donc un beau challenge de pouvoir monter notre entreprise !

SWiTCH : Quelle est votre clientèle actuelle et que leur proposez-vous ?

Christophe Hermitan : Ce sont les petites et moyennes entreprises, ainsi que les grands comptes en région Rhône-Alpes, à Genève, et également à Paris. Au sein d’une même entreprise, nous avons plusieurs types de clients : les dirigeants, les DRH, les managers, mais aussi les salariés. Nous considérons les salariés et les dirigeants comme des athlètes. Ainsi, nous leur apportons tous les conseils afin qu’ils soient les plus performants possible dans leur travail : gestion du sommeil, activité physique, alimentation, équilibre mental…

Nous désirons aussi développer le sport en entreprise. Nous proposons des séances de sport en entreprise pour pouvoir améliorer la qualité du travail. Notre offre s’étale du service d’activités physiques à l’accompagnement pour l’aménagement d’une structure sportive à l’intérieur de l’entreprise.

Enfin, nous organisons des séminaires d’entreprise, du team-building, des challenges sportifs.

SWiTCH : Comment mesurez-vous vos résultats ?

Christophe Hermitan : Nous avons des outils d’évaluation. Nous pouvons déterminer le niveau physique et de stress d’une personne. Nous avons suffisamment de recul pour savoir si les gens sont en zone critique ou d’équilibre.

SWiTCH : En quoi le sport est-il important dans le management des entreprises ?

Christophe Hermitan : Le sport de haut niveau est une exigence, le symbole de la performance qui se retrouve au sein d’une entreprise au service des salariés et des managers. Aujourd’hui nous utilisons tous les outils et méthodes que l’on pouvait utiliser avec des athlètes de haut niveau, outils d’analyse, de suivi et techniques d’accompagnement pour la santé, le bien-être et la gestion du stress, que nous adaptons pour aller vers la performance de l’entreprise.

Le sport est un moyen de cohésion et de fidélisation. Nous essayons de faire en sorte que l’entreprise soit un lieu de travail agréable et que les gens vivent l’entreprise un peu différemment. Ce phénomène existe déjà beaucoup dans les pays anglo-saxons.

SWiTCH : Y a-t-il un réel besoin aujourd’hui ?

Christophe Hermitan : La vision par rapport à la santé du dirigeant et du salarié évolue beaucoup. Cette question est au cœur des débats actuels. Dans les pays anglo-saxons ces dynamiques sont déjà bien intégrées dans les entreprises. Avec tous les moyens de communication et le rythme imposé aux salariés, il est aujourd’hui indispensable de penser à la santé des ressources humaines de l’entreprise. Il y a un réel bénéfice pour l’entreprise ainsi que pour le bien-être des salariés à intégrer ces dynamiques.

SWiTCH : Quelles sont les valeurs de votre entreprise ?

Christophe Hermitan : Engagement, entraide et performance. Le nom Synpeak vient de « synergie » et de « peak » (= sommet). C’est la synergie pour atteindre des sommets en réunissant des forces pour faire évoluer la personne.

SWiTCH : Quels sont vos outils de communication actuels ?

Christophe Hermitan : Nos outils de communication sont principalement la presse et les réseaux sociaux professionnels (LinkedIn, Facebook, Google Plus).

SWiTCH : Quelles ont été vos plus grosses difficultés depuis l’idée du projet d’entreprise ?

Christophe Hermitan : Nous sommes en phase de développement donc nous n’avons pas encore connu de réelles difficultés.

SWiTCH : Quelle a été votre plus grande satisfaction depuis la création de l’entreprise ?

Christophe Hermitan : Notre plus grande satisfaction est de se dire que nous sommes dans l’aire du temps et en cohérence avec le contexte et les questions d’actualités soulevées par les médias : Absentéisme, burn-out, etc…

SWiTCH : Comment voyez-vous Synpeak dans les cinq prochaines années ?

Christophe Hermitan : Dans 5 ans, nous désirons être la référence du sport d’entreprise et de la formation santé / bien-être à travers le sport dans la région Rhône-Alpes.

SWiTCH : Quels conseils donneriez-vous aux personnes désirant créer leur entreprise ?

Christophe Hermitan : Je conseille d’être patient. Monter une entreprise est équivalent à la préparation d’un événement sportif important. Il y a une longue phase de préparation avant d’arriver au but. Nous rencontrons plein d’aléas pendant cette phase de préparation. Il faut toujours savoir rebondir, être patient et s’entourer des bonnes personnes. Je conseille également d’être organisé dans la création de son entreprise.

SWiTCH : Quelle est la question qu’on ne vous a pas posée et que vous auriez aimé qu’on vous pose ?

Christophe Hermitan : Nous développons également une application qui permet d’avoir un accompagnement et un suivi à distance des dirigeants et des salariés après nos interventions : conseils sur la diététique, sur l’hygiène de vie, accès à une messagerie interne avec leur coach, etc…

Nous travaillons également actuellement avec le Centre des Jeunes Dirigeants sur la mise en place d’interventions, de formations et de séances de sport pour les dirigeants.

 

SWiTCH : Merci Christophe, et bonne continuation !

SWiTCH Initiatives – ITW de Sylvain Lapraz de Alpium

Envie d’en savoir plus sur les entreprises qui font bouger le monde de l’outdoor et du tourisme ? Dans le cadre des SWiTCH Initiatives, nous partons à la rencontre des gens passionnés qui créent des produits ou des services directement inspirés de leurs pratiques sportives. Nous avons récemment échangé avec Sylvain Lapraz, de la société Alpium.

Créée en 2002 par Mikhael Bahmed, Alpium est une entreprise de conseil et d’accompagnement de projets Internet, à travers les technologies multi-supports, tablettes et smartphones. Basée à Crest-Voland et à Montmélian en Savoie, les collaborateurs d’Alpium ont lancé il y a trois ans un projet de vidéo à 360 degrés. L’intérêt est de regarder tout autour de la personne filmée en donnant l’impression d’être au cœur de la scène. Nous avons rencontré Sylvain Lapraz, chef du projet, pour en savoir un peu plus sur cette innovation. Interview.


SWiTCH : Expliquez-nous votre rôle au sein d’Alpium ?
Sylvain Lapraz : Je travaille avec Mikhael Bahmed depuis 6 ou 7 ans. Je travaille dans le cadre d’une entreprise individuelle aux côtés d’Alpium. Nous avons le projet de nous associer et de monter une nouvelle structure qui regrouperait à la fois une partie des activités d’Alpium actuelles, c’est-à-dire tout ce qui est SSII et web, et une autre partie qui regrouperait tout ce qui est 360 degrés, vidéos et photos.

SWiTCH : Pouvez-vous nous parler rapidement de vous, de votre parcours, puis de l’origine de la création de ce projet ?
Sylvain Lapraz : Actuellement je suis chef de projet sur toute la partie 360 degrés de l’entreprise, à la fois photos et vidéos. J’ai fait des études d’informatique industrielle et ensuite un biosec de management.

L’entreprise a été créée en 2002 par Mikhael Bahmed. Notre compétence historique est la gestion de flux immobiliers. Mikhael a créé le site chalet montagne, un annuaire de location à la montagne de particulier à particulier, sur lequel 6000 locations sont proposées et qui accueille jusqu’à 10 000 visiteurs par jour.

SWiTCH : Quels sont vos principaux clients ?
Sylvain Lapraz : Nos principaux clients, toujours sur ce secteur immobilier, sont des particuliers qui s’inscrivent sur l’annuaire. Au niveau professionnel ce sont des agences immobilières, des centrales de réservation, des offices du tourisme et tout ce qui est en lien avec la gestion de flux immobiliers. Nous réalisons également la création de sites Internet. Les clients sont alors des offices de tourisme, des voyagistes, des hôtels et tout ce qui est en rapport avec le e-commerce, notamment sur la lunetterie.

SWiTCH : Comment est né votre projet de vidéo 360 ?
Sylvain Lapraz : Nous travaillons sur la photo à 360 degrés depuis maintenant trois ans. Ce concept existait depuis plusieurs années, mais rien n’était encore vraiment au point. Le projet arrive maintenant à maturité. Nous arrivons à avoir un bon matériel de photographie et nous sommes aujourd’hui capables de rendre les publications d’images compatibles à la fois sur tablettes, téléphones mobiles et ordinateurs. Cette innovation a vraiment démocratisé la technique de photo à 360 degrés. Nous parlons aujourd’hui de « visite virtuelle », car il est possible d’assembler plusieurs photos et de décliner cela à la fois pour de l’immobilier et pour le secteur du tourisme.

Suite logique de ce développement d’application photo, la vidéo a 360° arrive à maturité en 2013. Nous nous sommes lancé dedans dès le printemps dernier. Nous avons investi du temps et de la R&D. Nous nous sommes équipés avec du matériel qui lui aussi a beaucoup évolué. L’intérêt de la vidéo immersive est de quadrupler le potentiel de la photo immersive, car le principe est le même que celui de la photo, mais en mouvement. On est vraiment au cœur de la scène !

 

SWiTCH : En quoi cette activité représente une véritable innovation ?
Sylvain Lapraz : Techniquement, il y a eu de grosses progressions en 2013, ce qui nous permet de fournir des vidéos immersives compatibles pour PC, Mac, tablettes et mobiles. La vidéo immersive va révolutionner la vidéo sur les supports mobiles ! L’utilisateur pourra désormais contrôler ce qu’il veut. Le gyroscope intégré du périphérique nous permet de nous orienter comme on le veut dans la vidéo.

SWiTCH : Quels sont les principaux obstacles rencontrés depuis le lancement de votre projet ?
Sylvain Lapraz : Pour faire fonctionner notre projet sur tablette et smartphone, nous sommes obligés de passer par une application. Nous attendons donc que les constructeurs équipent les smartphones et tablettes de puces plus puissantes pour que la vidéo immersive puisse fonctionner en live sans avoir besoin d’application. Cette partie devrait progresser en 2014.

SWiTCH : Quelles sont les plus grandes satisfactions que vous ayez eues depuis le lancement de ce projet ?
Sylvain Lapraz : Au niveau des prises de vue, nous avons eu de bonnes progressions en terme de qualité d’images et de rendu final. Aujourd’hui, nous parvenons à cacher intégralement le trépied qui tient la caméra par un regroupement d’images. Nous sommes donc en immersion complète. Quelques années auparavant on pouvait cacher le trépied avec un logo par exemple, mais maintenant on peut complètement le supprimer, c’est beaucoup plus agréable !

SWiTCH : Quels sont vos moyens de communication pour cette activité ?
Sylvain Lapraz : Nous avons une démarche commerciale qui a débuté en automne 2013, à travers de l’emailing, les réseaux sociaux comme Youtube, Facebook et Twitter et également par une activité de phoning en direct.

SWiTCH : Y-a-t-il des nouveautés à venir ?
Sylvain Lapraz : Nous avons une nouveauté depuis quelques semaines : nous avons réussi à équiper un casque de réalité virtuelle, qui était jusqu’à maintenant dédié aux jeux vidéo. On peut le mettre par exemple sur la tête d’une personne, et grâce à un écran il sera complètement immergé dans nos vidéos.

SWiTCH : Auriez-vous des conseils pour des personnes qui souhaitent se lancer dans des projets nouveaux ?
Sylvain Lapraz : Il ne faut pas hésiter, il faut être tenace et ne pas lâcher prise ! C’est la clé.

Merci Sylvain Lapraz ! Continuez à fabriquer les engins du futur qui nous aideront à immortaliser nos meilleurs souvenirs en montagne.

 

ReStory, la boîte à souvenirs numérique personnelle

Du 15 au 17 Novembre 2013, dans les locaux de l’IAE, avait lieu le 3ème Startup Week-end de Grenoble. Le principe est simple : 54 heures pour imaginer une startup à partir d’un pitch de 60 secondes. C’est au cours de cet évènement qu’a été imaginé et créé ReStory. Nos souvenirs sont aujourd’hui éparpillés : dans notre mémoire, sur les réseaux sociaux, dans des albums en ligne, etc. ReStory propose donc de collecter et de visualiser vos souvenirs d’une manière innovante. Et si voir ne vous suffit pas, vous pourrez créer vos vidéos ou vos livres personnalisés.

Cette idée, portée par une équipe jeune et dynamique de 5 jeunes entrepreneurs dont certains ne se connaissaient même pas il y a encore 3 semaines, a séduit le jury et a remporté le premier prix.

Dans l’élan de cette réussite, l’équipe de ReStory s’attaque à un nouveau défi : remporter le Global Startup Battle qui se déroule du 27 Novembre au 6 Décembre. Ce concours mondial, ouvert aux 1200 participants des Startup Week-end, est une chance de transformer cette idée en une réussite Grenobloise.

ReStory a besoin du soutien de tous en votant sur ces deux liens : ici et .

Si vous voulez suivre ces jeunes entrepreneurs et leur projet, connectez-vous à leur page Facebook ou Twitter.

SWiTCH Initiatives – ITW de Jean-Christophe Guillaud-Bataille, Fondateur d’ESTHETE

Envie d’en savoir plus sur les entreprises qui font bouger le monde de l’outdoor ? Dans le cadre des SWiTCH Initiatives, nous partons à la rencontre des gens passionnés qui créent des produits ou des services directement inspirés de leurs pratiques sportives. Nous avons récemment échangé avec Jean-Christophe Guillaud-Bataille, fondateur de l’entreprise ESTHETE, marque française de vêtements et accessoires intelligents pour le vélo en ville. Interview.

SWiTCH : Pouvez-vous nous présenter votre parcours, et pourquoi avez-vous créé votre entreprise ?
Jean-Christophe Guillaud-Bataille : J’ai 32 ans et suis originaire de la région Rhône Alpes. J’ai une formation double d’Ingénieur et de Designer produits. J’ai pratiqué les deux compétences dans deux postes différents. J’ai d’abord été ingénieur designer produit dans une agence de Grenoble dans le secteur des sports de montagne et également du vélo. J’ai eu une deuxième expérience plus technique dans une PME du côté de Lyon, où je vis aujourd’hui, en tant que responsable du bureau d’études.

Ce qui m’a amené à Cycles Esthète ! J’ai fait pas mal de vélo étant étudiant et encore même aujourd’hui. Depuis de nombreuses années, je suis fan de vélos urbains et fonctionnels, mais également du milieu du fixie, où les vélos sont très esthétiques. En travaillant en tant que designer dans ce milieu, j’ai eu beaucoup idées sur l’équipement du cycliste. J’ai constaté qu’il manquait quelque chose aujourd’hui pour les cyclistes urbains. Depuis un moment j’avais cette idée d’apporter une solution aux personnes qui vont travailler en ville et qui ont cette problématique d’avoir des vêtements étanches, respirant, esthétiques, élégants, mais également sécuritaires. Je voulais faire une alternative au gilet jaune que je trouve laid, en le remplaçant par un système électronique, avec un éclairage à LED.

La veste que nous avons baptisé « Eclaireur » est équipée de ce système. Nous pensons déjà à d’autres solutions pour l’avenir en utilisant notamment des matériaux phosphorescents.

SWiTCH : Comment ont réagi vos proches à l’annonce du projet ?
JCGB :
J’ai reçu beaucoup d’encouragements. Les personnes qui me connaissent bien savent que j’ai un esprit d’entrepreneur. Avant d’avoir créé cette société, j’avais un statut d’auto-entrepreneur parallèlement à mes différents postes. J’ai toujours aimé avoir une activité et entreprendre. Cela a été très bien perçu par ma famille, par mes amis, j’ai eu le soutien de ma femme. C’est elle qui a décidé si oui ou non nous allions démarrer le projet ensemble. Elle m’a soutenu et elle m’a même aidé au début dans les démarches commerciales. Je n’ai reçu aucun avis négatif, l’accueil de mes proches a été très favorable !

SWiTCH : Quelle a été la plus grande difficulté que vous avez connu depuis la naissance du projet jusqu’à aujourd’hui ?
JCGB : La partie administrative : la création en elle-même, la rédaction des statuts, le dépôt des dossiers dans les différentes institutions comme la CCI, le tribunal de commerce, etc… Sur les 6 mois de vie l’entreprise, j’ai passé la moitié de mon temps à me battre contre la paperasse ! Pour moi, créer un produit, le développer et le commercialiser, est la partie la plus passionnante, la plus amusante et la plus facile du projet. Tout l’aspect administratif a été très pénible et laborieux, j’ai fait plusieurs fois les mêmes choses. On dirait que l’Etat n’a pas très envie d’encourager les gens à créer des sociétés tellement les démarches sont compliquées.

SWiTCH : Quelle a été la plus grande satisfaction depuis la création ?
JCGB : C’est le jour où j’ai vendu les premières vestes dans une boutique à Paris. C’est une boutique que j’ai presque harcelé pour obtenir un accord de leur part. Le positionnement est très nouveau, le concept est novateur et tout le monde apprécie le produit. Par contre il y en a encore qui sont réticents sur le niveau de prix (ndlr : 600euros TTC). J’ai beaucoup insisté dans les boutiques qui ont décidé de me référencer. Ça m’a fait plaisir de trouver des boutiques prêtes à partager les risques et prêtes à aider une entreprise jeune et innovante.

SWiTCH : Quelles sont les valeurs fondamentales de votre entreprise ?
JCGB : C’est d’abord la culture de l’innovation. Nous apportons des produits innovants et technologiques. Pour l’instant il n’y en a qu’un produit connu, mais une gamme est en cours de développement et chaque produit fait l’objet de recherches avancées. Il y a une vraie volonté de rompre les codes entre esthétisme, technologie et usage.

La deuxième valeur fondamentale est l’éthique. Nous nous adressons au milieu du vélo, on parle d’un mode de déplacement doux. Il y a une vraie éthique environnementale et une vraie éthique humaine. Il y a également une éthique économique : je cherche à faire produire les produits le plus proches possible de nous. On relocalise tout ce qui est faisable dans la société.

SWiTCH : Quels sont vos moyens de communication à l’heure actuelle ?
JCGB : J’ai un site Internet, j’ai mis en place une page sur Facebook avec le plus de fans possible, je pense que c’est aujourd’hui un outil de communication très puissant, ainsi que Twitter, Pinterest, Linkedin,…

J’utilise également des moyens de communication un peu plus classiques comme la presse et le mailing. Je fais aussi de l’évènementiel, puisque j’ai récemment participé au Salon du Cycle à Paris. Cet évènement m’a apporté beaucoup de retour sur les produits auprès des distributeurs, de la presse et des utilisateurs finaux. Cela a aussi été un vecteur de notoriété. Le grand public a pu découvrir les produits sur le stand.

SWiTCH : Au niveau de vos moyens de distribution, avez-vous décidé de vendre exclusivement en boutique ou avez-vous également prévu de vendre en ligne via votre site internet ?
JCGB : Je distribue dans les boutiques physiques dans les grandes villes de France. Nous serons bientôt présents dans les pays étrangers. Nous privilégions des boutiques haut de gamme qui proposent de très jolis produits. Nous avons aussi notre propre boutique sur notre site web.

SWiTCH : Cela ne choque pas les retaillers de vous voir vendre sur votre site Internet ?
JCGB : Ça les fait un peu grincer des dents, mais aujourd’hui c’est incontournable. Le e-commerce est en train de prendre beaucoup d’importance, il est donc logique que je m’installe dessus. Ce sont les nouvelles règles du jeu, il faut que les boutiques sachent jouer avec. Il y a  certaines boutiques qui m’ont dit clairement qu’elles ne prendraient pas mes produits à cause de cela. C’est un choix, mais je préfère me concentrer sur le e-commerce et avoir des boutiques physiques très qualitatives. Aujourd’hui, on peut être sur le web, tout en restant éthique et correct vis-à-vis de la distribution traditionnelle. Je ne vais pas casser les prix, je reste dans les mêmes conditions que ce qui se passe en boutique physique, donc à priori les magasins ont plus de chances d’avoir des clients. Il y a toujours l’avantage de pouvoir toucher le produit et l’essayer. Je pense clairement que la tendance va s’inverser dans quelques années, il va y avoir de plus en plus de e-commerce, c’est évident au vu des facilités que cela représente.

SWiTCH : Quelle est votre vision à cinq ans pour votre entreprise ?
JCGB : C’est tout d’abord de bien faire le tour de tous les vêtements techniques pour le cyclisme urbain. Je pense aussi, dans quelques années, m’intéresser à toute la mobilité urbaine en général avec des moyens de déplacement comme le scooter, la moto et tout ce qui est alternatif, comme les trottinettes. Ma vision est d’avoir une vraie gamme de vêtements et d’accessoires qui s’adressent à une clientèle d’aventuriers urbains. Je vais m’intéresser à tous les déplacements urbains alternatifs.

SWiTCH : Est-ce que vous auriez un conseil pour une personne qui voudrait créer son entreprise, mais qui n’ose pas encore ? Par où commencer ?
JCGB : Tout d’abord sachez qu’il existe des aides. Un bon point de départ c’est d’aller voir la CCI de votre département. N’hésitez pas à prendre un rendez-vous, ils vont vous proposer un accompagnement personnalisé pour créer votre société. Ils vont vous aider à constituer votre business plan et réaliser vos prévisions financières, présenter les types de produits, les moyens de distribution, etc… La CCI propose des modules de formation très intéressants.

Je me suis également intéressé au réseau Entreprendre et au réseau Initiative France. Il y a des clubs et des associations qui aident les jeunes entrepreneurs. Il ne faut pas hésiter à aller les voir. Ils ont plein de bonnes idées ! Cela permet d’aller beaucoup plus vite pour prendre des décisions et faire des choix. Je conseille aux jeunes entrepreneurs de ne jamais baisser les bras, même si cela peut paraitre compliqué et si parfois on a l’impression d’être un peu noyé, il ne faut pas se décourager et il faut en parler autour de soi, c’est une bonne expérience.

SWiTCH : Merci beaucoup Jean Christophe et bonne continuation !

Photos : G. Piel.