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[La bonne nouvelle du mercredi] La marque de skis Grown remporte la SWiTCH Initiative 2013 !

Dans le cadre des SWiTCH Initiatives, nous réalisons une fois par an une mission pro bono pour une marque, une association caritative ou une start-up (de moins de 3 ans). Grown, la marque allemande de ski la plus écologique au monde, a gagné le concours 2013 et a décidé de nous confier sa stratégie.

Tout l’été, nous allons donc réaliser un plan de développement de l’entreprise sur trois ans, une étude de marché complète et la création d’un plan marketing global incluant une plateforme de marque, un plan de commercialisation et de distribution des produits, ainsi qu’un plan de communication.

Les réunions de travail ont commencé depuis quelques semaines dans la bonne humeur générale, aux côtés de Tobias Luthe, le créateur et co-fondateur de la marque.

 

Interview de Thibault Dalban et Michael Baudino, co-créateurs d’AlpineLab et de SkiWallet.

Envie d’en savoir plus sur les entreprises qui font bouger le monde de la glisse et du tourisme ? Dans le cadre des SWiTCH Initiatives, nous souhaitons vous faire découvrir des entreprises qui font bouger les choses, des gens passionnés qui créent des produits ou des services directement inspirés de leurs pratiques sportives. Nous avons rencontré récemment Thibault Dalban et Michael Baudino, co-créateurs d’AlpineLab et du SkiWallet.

SWiTCH : Bonjour, pouvez-vous nous présenter votre parcours de vie et l’origine de la création de l’entreprise ?

Thibault Dalban : Pendant mes études d’ingénieur en informatique à EPITECH à Paris, j’ai connu Mike qui était étudiant à EPITA, petite sœur d’EPITECH. Nous sommes tous les deux originaires d’Aix-les-Bains en Savoie, nous étions colocataires à Paris. J’ai aujourd’hui 29 ans.

Après mes études, j’ai travaillé à Sopra, à Annecy-le-Vieux. J’y ai fait mon stage de fin d’étude puis ils m’ont embauché. J’ai développé un logiciel qui permet aux entreprises de gérer leurs RH, les fiches de paies, les congés, les formations. Après 2 ans de travail sur ce logiciel à Annecy, je me suis fait muter à Paris, dans la même société et la même division. J’y étais consultant technique et je me déplaçais chez les clients quand ils voulaient faire évoluer leur logiciel, quand ils avaient un problème. J’ai fait ça pendant 2 ans à Paris.

J’avais fait le tour du logiciel, l’énorme structure de Sopra ne me plaisait pas trop. J’avais envie de changer et ça faisait une petite année qu’on en discutait avec Michael. Si on voulait faire quelque chose, c’était le bon moment car pas d’attaches, pas de contraintes particulières, pas de prêts et pas d’enfants !

On a commencé à chercher ce que nous pouvions faire. Nous avions envie de travailler ensemble. Soit je montais quelque chose, soit je changeais d’entreprise pour aller dans une petite structure à échelle plus humaine que Sopra.

Michael Baudino : J’ai 28 ans. Pendant mes études à EPITA, où j’ai rencontré Thibault, j’ai commencé à travailler dans une boite dans laquelle je suis resté pendant 5 ans. J’étais au début développeur, puis responsable informatique et enfin directeur informatique. A mon arrivée, nous étions 35 dans la boite. 5 ans plus tard, nous étions 270. Cette croissance énorme était une super expérience. En tant que directeur informatique, construire une société et gérer toute la partie infrastructure est très intéressant.

La partie création m’a toujours parue intéressante même si c’était au sein d’une entreprise qui n’était pas la mienne. L’envie d’avoir notre propre projet était là. J’avais fait un peu le tour depuis 5 ans, même si la forte croissance permettait de découvrir des choses nouvelles tous les jours. On a sauté sur l’occasion qui s’est présentée. J’avais envie de bouger un peu, on s’est lancé !

SWiTCH : Comment ont réagi vos proches à l’annonce du projet ?

Thibault : Ils m’ont encouragé à tenter l’expérience.

Michael : Cela faisait un moment que je leur en parlais. Quand c’est arrivé, ils n’ont pas été plus surpris que ça. Quand j’ai annoncé à mes anciens patrons mon départ pour monter une boite, ils m’ont dit : « tu as raison ! Si c’était à refaire, je ferais pareil mais plus tôt ! »

SWiTCH : Comment est née l’idée de l’entreprise ?

Michael : Nous avions envie de travailler ensemble mais sans idée particulière. Nous ne savions pas dès le début que nous allions vendre des forfaits de ski sur internet. Nous avons regardé quel domaine d’activité pouvait nous intéresser. Nous sommes savoyards tous les deux et fans de ski depuis qu’on est tout petit, c’est un milieu qui nous intéressait. Thibault avait envie de se rapprocher de la Savoie, de quitter Paris.

Nous avons regardé ce qui se faisait dans le milieu du ski, nous avions vu que ça faisait quelques années que florissaient des innovations techniques, tel que les forfaits main-libres. Nous avons remarqué qu’un des points où il manquait quelque chose était la vente en ligne. Nous avons vu un intérêt à monter un système de vente en ligne, bien plus pratique que ce qui existait.

Nous étions habitués à aller skier dans des stations différentes tous les weekends car elles sont toutes à portée de voiture d’Aix-les-Bains. De notre point de vue utilisateur, nous trouvions ça pénible de devoir s’inscrire tous les weekends sur un site différent, de perdre ses repères, de créer un compte, de recevoir un email et de ne pas pouvoir commander depuis un mobile.

Nous avons ainsi étudié ce qui existait et nous nous sommes dit : « à priori, on peut trouver une meilleure formule ». C’est ce que nous avons essayé de faire !

Thibault : On a très vite vu que les sites des stations sont toujours les mêmes, avec les même interfaces (jb ou bemore) répliquées maintes et maintes fois et avec un process identiques qu’on ne trouvait pas bon. Cela n’était pas agréable à utiliser. Il n’y avait pas tant d’acteurs que ça dans la vente en ligne en ski, on s’est dit qu’il y avait peut-être quelque chose à faire.

SWiTCH : Parlez-nous un peu plus de ce qu’est votre entreprise. SkiWallet n’est pas le nom de la boite, pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Thibault : Nous avons monté une société qui s’appelle AlpineLab. Nous avons commencé avec la vente en ligne des forfaits de ski, mais nous n’avons pas envie de nous limiter à cela. AlpineLab serait en mesure d’abriter d’autres projets. Ski Wallet est un produit d’Alpine Lab (Ski Wallet un produit, AlpineLab le nom de l’entreprise).

Ceci nous permettrait de ne pas faire qu’une seule et même chose pendant 10 ans. Si nous avons d’autres projets, si nous avons envie de décliner Ski Wallet sur d’autres domaines et sur d’autres activités, cela peut être une solution. Voilà pourquoi nous avons fait deux images différentes.

Michael : Le projet de Ski Wallet est né du constat qu’il y avait un manque de simplicité et d’intuitivité dans l’achat des forfaits en ligne.

Voilà nos deux maitres-mots dans la conception de Ski Wallet : Simplicité et Intuitivité. Notre but est de construire une plateforme unique de vente de forfaits, une plateforme multi-station. Si on fait un parallèle avec les billets de train, c’est comme si à chaque billet de train, je devais aller sur le site de ma gare de départ, avec une interface différente et un nom d’utilisateur différent. Nous trouvions ça un peu absurde, nous avons donc pensé à faire quelque chose de centralisé et pratique.

Coté skieur : nous nous sommes dit que c’était une bonne approche pour le ski, d’avoir un point d’entrée unique avec tous les avantages pour le skieur comme se souvenir de son numéro de carte lfid, se souvenir de son nom. En effet, on connait ses amis et on peut lui proposer d’aller skier là où vont ses amis ce jour-là. Cela apporte aussi une dimension sociale.

Coté développeur : nous développons une seule plateforme où chaque nouvelle fonctionnalité est disponible pour toutes les stations, pour tous les skieurs.

Coté station : nous proposons de la visibilité supplémentaire, un canal de distribution supplémentaire sur un segment de client jeune et technophile.

Voici pour la partie fonctionnelle. Pour la partie contractuelle et financière, nous vendons des forfaits au même prix qu’en station, on ne veut pas se battre contre les discounteurs. La valeur ajoutée n’est pas sur le prix mais sur la manière de le vendre. On le vend donc au prix auquel la station le vend sur son site web, si elle en a un !

SWiTCH : Quelles ont été depuis la création de l’entreprise les plus grandes difficultés rencontrées ?

Thibault : Trouver les premiers clients ! 😉

Michael : Notre spécificité est d’avoir des clients des deux côtés. On fait l’interface entre deux segments de marché, les stations et les skieurs. D’un côté, il faut convaincre les stations de venir vendre leurs forfaits sur notre plateforme. On fait ça en été. L’hiver, on cherche à se faire connaitre auprès des skieurs, communiquer auprès d’eux.

Les premières stations ont été dures à trouver car nous prospections auprès des stations sans avoir de réseau dans le milieu du ski. Nous ne travaillions pas dans l’industrie du ski avant, nous arrivions avec un produit neuf et pas encore développé. Les stations étaient globalement d’accords mais avaient besoin de voir.

Le démarchage initial se faisait au téléphone, nous n’étions pas habitués à cette facette commerciale que nous avons dû apprendre. Le discours se rode petit à petit mais il est difficile de convaincre quelqu’un qu’on ne connait pas par téléphone avec seulement quelques captures d’écran. Les premiers rendez-vous ont été des demi-victoires !

Le côté juridique a été une autre difficulté. D’un point de vue statut, les stations de ski sous le statut de Régie Communal sont considérées comme transports publiques. Les avocats que nous avons consultés nous disaient que c’était de l’argent public, que c’était dangereux et que des autorisations étaient nécessaires.

Cela a entrainé beaucoup de retard, nous avons arrêté la prospections car nous ne savions pas où nous allions. Nous avons aussi décalé le développement pour les même raisons. Au fil du temps, on s’est rendu compte que les stations avaient tout ce qu’il fallait pour qu’on puisse leur vendre des forfaits.

Thibault : Les côtés juridiques et commerciaux sont des aspects dans lesquels nous n’avions pas travaillés ni l’un ni l’autre auparavant.

Michael : C’est vrai que les démarches administratives pourraient être bien plus simples. Mais c’est la France, on savait à quoi s’en tenir ! Pour le financement, nous avons apporté 5000 euros chacun et nous avons emprunté la même somme. Nous avons démarché toutes les banques et avons signé avec celle qui nous a dit oui !

SWiTCH : Quelle a été votre plus grande satisfaction depuis le début de l’aventure ?

Thibault : Probablement quand la première station nous a dit oui, puis au lancement effectif du site, lors des premières vraies commandes.

Michael : C’est vrai que quand la première station a dit oui, c’était une satisfaction. Mais elle ne prend aucun risque de venir avec nous car elle ne s’engage pas. Si notre site ne marche pas, la station n’est pas en péril et ne perd pas de business.

Thibault : Ce que nous n’avons pas expliqué, c’est que nous nous rémunérons à la commission pour ne pas demander de frais d’accès au services ou d’abonnement fixe mensuel. Ceci pour laisser aux stations la liberté de s’en aller quand elles en ont envie. On estime qu’une station qui n’est pas contente ne doit pas avoir les mains liées. Elle n’est pas nécessairement là pour 3 ans.

SWiTCH : Si on résume, vos principales sources de joie ont été le lancement du site web, les premières commandes et la première station qui a dit « oui ».

Michael : Oui et aussi de voir en cette fin de première saison que ça fonctionne car même si on ne gagne pas d’argent, cela couvre nos frais.

Thibault : Oui c’est une victoire mais pour être complètement franc, on a encore pas mal la tête dedans car on continue à faire des améliorations sur le site, on commence à lancer les projets pour l’an prochain. On n’a encore jamais ouvert de bouteille de champagne on se disant «  ça y est c’est bon ». On n’a pas de célébration, on a certes des satisfactions mais pas de célébration ! On continue à avoir la tête dedans et à travailler pour améliorer le produit.

Michael : Ce qui nous fait plaisir aussi, c’est le retour des utilisateurs. Quand ils nous disent que l’interface est sympa, jolie et que ce n’est pas compliqué d’acheter, ça fait plaisir car c’est là-dessus qu’on a bossé. Si derrière les gens trouvent ça simple et intuitif, pour nous l’objectif est rempli.

SWiTCH : Comment voyez-vous votre société dans le futur ?

Michael : Pour cette première saison, le but n’était pas de faire beaucoup d’argent mais de valider que le concept fonctionne.

Le but de la saison suivante est de développer le côté économique, trouver de nouvelles stations, essayer d’enrichir l’offre proposée au skieur, pour que le skieur commence à avoir une sensation de portail unique pour plusieurs stations. Pour la saison prochaine, proposer le site en plusieurs langues pour capter des utilisateurs étrangers qui viennent skier en France.

Pour la troisième saison, démarcher des stations étrangères. Si tout se passe bien juridiquement et économiquement, nous souhaitons développer cette offre à l’international. L’avantage d’un site complètement hébergé est de pouvoir se vendre partout sur le globe

Thibault : Il y d’autre axes de développement sur ces deux prochaines années, pourquoi pas proposer notre processus d’achat en marque blanche pour les stations directement.

On n’avait pas envisagé cette idée initialement, mais on nous a souvent sollicités dans ce sens-là. On est en train de voir comment faire, pour arriver à faire les deux mais sans se tirer une balle dans le pied sur notre plateforme Ski Wallet. Ça peut être un axe de développement de proposer le système de vente en ligne directement à une station.

Michael : L’idée serait de le proposer d’une manière très simple à intégrer par les webmasters des stations directement sur leur site web. Ça va un peu à l’encontre de notre idée mais on peut proposer à la fois à la station d’utiliser notre système en marque blanche et quelle vende ses forfaits sur Ski Wallet, ce qui nous permet de continuer à faire grossir l’offre.

On a été contacté par Nordic France (client de SWiTCH, ndlr) à notre grande surprise, car nous ne sommes pas du tout pratiquants de fond. Nous avons adapté notre offre de manière imprévue mais on s’est adapté joyeusement.

SWiTCH : Quelles sont les valeurs fondamentales de votre entreprise ?

Michael : Les mêmes que ce qu’on essaye de proposer sur Ski Wallet : simplicité et intuitivité.

Thibault : La liberté aussi. Nous sommes très attachés au monde de l’Open Source, la liberté d’expression sur le net nous tient à cœur. On va tout faire pour que ces valeurs se reflètent dans l’image de notre société. C’est le partage, ne pas verrouiller les choses et essayer d’ouvrir les portes au maximum.

Michael : La corolaire est, telle la philosophie Linux, que chaque entité ne fait qu’une seule chose mais le fait très bien. Notre idée est de faire un système de vente de forfaits et ne faire que ça ! On n’a pas envie de tout mélanger.

SWiTCH : Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui veut monter sa boite ?

Michael : Je ne sais pas si Thibault sera d’accord avec moi, mais pour moi c’est réduire le Time-To-Market. Arriver le plus vite possible sur le marché. Nous avons lancé le site le 15 janvier, après déjà un mois de saison. Je pense qu’il aurait été judicieux de lancer un produit moins abouti mais plus tôt, pour que les early adopters puissent le tester, commencer à jouer avec afin qu’on puisse très rapidement dans le cycle de développement avoir des retours d’utilisateurs.

Thibault : Le retour utilisateur nous fait avancer, c’est très constructif. Hier soir encore, j’ai eu un email d’un utilisateur qui nous signalait un bug à tel endroit. Nous ne pouvons pas tester toutes les versions de tous les navigateurs possibles. Réduire le Time-To-Market est un bon conseil à donner à un entrepreneur qui se lancerait.

SWiTCH : Avez-vous fait du Lean Management ?

Michael : Pas exactement ! On a lancé un produit déjà abouti, on n’a pas eu, comme le Lean Management le voudrait, de Time-To-Market très court pour pouvoir s’orienter en fonction des retours utilisateurs. C’est quelque chose vers lequel on voudrait s’orienter. Aujourd’hui on manque de retour utilisateur, il faut qu’on mette en place plus de système d’analyse de comportement utilisateur.

SWiTCH : Et toi Thibault quel serait ton conseil pour un jeune entrepreneur ?

Thibault : Y croire et ne pas se s’arrêter à la première personne pessimiste, à la première personne qui dit que l’idée existe déjà. Il y a de la place pour beaucoup de personnes, ce n’est pas parce que l’idée a déjà été développée qu’on ne peut pas la développer avec sa propre vision.

Michael : Il y autre chose que je trouve important, c’est le fait d’être à deux. Nous sommes sur Lyon et on rencontre beaucoup d’entrepreneurs, beaucoup se lancent seul. Honnêtement, je ne sais pas si j’aurais osé tout seul car cela demande beaucoup de courage. C’est plus facile à deux, le niveau de motivation permet de se soutenir et de se challenger un peu.

SWiTCH : Quelle est la question qu’on ne vous a pas posé et que vous aimeriez qu’on vous pose ?

Michael : Sur le développement logiciel, il était important pour moi de le concevoir comme si j’allais moi-même utiliser le service ! Se mettre à la place de la personne qui l’utilise, ce qu’ont tendance à oublier les développeurs.

Les utilisateurs ne comprennent pas forcement ce que les développeurs ont voulu faire, il faut toujours se remettre en question par rapport à l’utilisateur lambda. Mon utilisateur test est ma mère !

Thibault : C’est très intéressant de voir comment les personnes qu’on ne connait pas utilisent un logiciel. On se rend compte que quelque chose qui peut être évident pour nous n’est pas forcément intuitif. Ça permet d’améliorer considérablement l’ergonomie du produit.

SWiTCH : Finalement vous avez une approche très Customer Oriented ou Customer Centric ?

Thibault : Oui c’est notre valeur ajoutée, c’est ce qu’on a envie d’insuffler. Simplicité et intuitivité pour l’utilisateur !

SWiTCH : Merci beaucoup et bonne continuation à vous deux !

Onetous : un réseau social novateur made in France

2 ans et plus de 10 000 heures de travail : c’est le temps qu’il a fallu à Sébastien Schropff, Benoit Davaut et Yoann Genier, trois passionnés d’Internet et de relations humaines, pour lancer le 1er réseau social de proximité dédié aux passions Onetous.

Basée à Annecy, l’équipe d’entrepreneurs a mis en place une plateforme (gratuite !) visant à promouvoir des évènements et activités de proximité d’une manière novatrice et sociale. À la différence des sites de sorties, le concept se focalise sur les passions de chacun. Plutôt qu’une liste infinie et désorganisée d’activités, Onetous (prononcer : One-to-us) sélectionne et suggère uniquement celles susceptibles d’intéresser l’utilisateur. En résumé, ce dernier a donc la possibilité d’échanger avec d’autres partageant les mêmes centres d’intérêt, de découvrir des idées de sortie en lien avec ses passions et d’organiser lui-même ses propres sorties s’il le souhaite.

Parallèlement au site grand public, les professionnels ont la possibilité via une interface de gérer une communauté et de promouvoir des évènements vers les membres susceptibles d’être intéressés. 50 professionnels ont pour l’instant utilisé les services de Onetous dans le cadre de leur campagne de communication.

Après le lancement en automne dernier, le site a rapidement atteint plus de 2600 inscrits et une croissance du nombre d’utilisateur de 5 à 10% par semaine. Un bel avenir semble donc promis à cette startup, à laquelle nous souhaitons le meilleur en cette nouvelle année 2013 !


Nous avons eu la chance de rencontrer Sébastien
Schropff et de lui poser quelques questions. Interview.

SWiTCH : Pouvez-vous présenter votre équipe ?
Sébastien Schropff : Yoann Genier (30 ans), diplômé de l’ESC Chambéry, crée sa première société de conseil axée sur le web fin 2010. Il est par ailleurs consultant et enseignant au CESNI et à l’ESC Chambéry en communication online et réseaux sociaux. Dans le cadre du projet Onetous, Yohann se charge de la communication, des relations presse, du développement des partenariats, de la gestion du blog et enfin du community management.

Benoit Davaut (29 ans), diplômé d’un Master NTIC à l’Université de Savoie, est fondateur de sa société icreaweb (création de sites web) après plusieurs expériences en entreprise. Benoit se charge pour Onetous du développement et du design.

Quant à moi, Sébastien Schropff (29 ans) je suis diplômé d’un Master en Marketing-Vente à l’Université de Savoie. Avant de me lancer dans le projet Onetous en tant que gestionnaire de l’entreprise et des partenariats, j’ai eu une expérience commerciale dans la filiale française d’une société allemande de services télécom aux entreprises.

Enfin, Maxime Lorenzy (21 ans), en contrat d’apprentissage, est développeur pour Onetous.

 

SWiTCH : D’où l’idée de Onetous est-elle née ?
Sébastien Schropff : Originaire de Chamonix et fan de sports, j’ai déménagé à Lyon pour raisons professionnelles en 2008. Le besoin de découvrir de nouvelles personnes s’est fait sentir, j’ai mis un an pour me créer un réseau social et amical. Mon premier contact avec un lyonnais s’est fait à Annecy lors d’une sortie en parapente !

Une question nait alors : les passions peuvent-elles rapprocher les gens ? Oui forcément ! Mais aucun service n’existait à l’époque. Début 2010, l’idée voit alors le jour en se basant sur un constat : un réseau lié au sport tel que WidiWici ne rassemble pas les gens autour de leur sport.

Des réseaux sociaux de niche existent déjà pour des gens partageant les mêmes centres d’intérêt thématiques. Cependant, Onetous se démarque en permettant d’être sur plusieurs thématiques à la fois. Le principal concurrent de la startup est onvasortir.com, réseau qui suggère automatiquement des activités ainsi que des événement créés par d’autres utilisateurs. Dans le cas de Onetous, le contenu vient directement aux utilisateurs grâce à un algorithme codé en interne, créant ainsi la valeur ajoutée du réseau et son facteur concurrentiel.

 

SWiTCH : Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Sébastien Schropff : J’ai rencontré Yoann lors d’un enterrement de vie de garçon en 2011. Après m’avoir aidé à mener une étude de marché autour du projet, l’association entre nous s’est faite naturellement et le projet a été porté ensemble. Les échanges autour du projet Onetous sont intenses, les idées fusent !

En septembre 2011, Benoit m’a envoyé une demande de contact via Viadeo. Nous avons échangé et peu à peu vu des synergies possibles se dégager. Nos personnalités compatibles, notre ambition, notre caractère entrepreneurial sont autant de points communs entre nous. Deux semaines plus tard, Benoit rejoignait l’équipe.

L’équipe est définitivement constituée en octobre 2011. Quelques mois après, le 8 février 2012, la société est constituée en SAS avec un capital de 27000€, maintenant passé à 29048€.

 

SWiTCH : Et votre expérience dans tout cela ?
Sébastien Schropff : Je me considère comme le chef d’orchestre de l’équipe, mettant en musique les expériences antérieures de mes associés. Le fait de travailler avec des gens ayant déjà créé leur société est un gros avantage.

 

SWiTCH : Quelles sont les valeurs fondamentales de l’entreprise ?
Sébastien Schropff : L’ouverture d’esprit et la curiosité : Benoit n’a pas tout appris sur les bancs de l’école mais en faisant des recherches et en travaillant. L’ouverture au monde et la volonté de mettre en lien des gens qui vivent dans la même région ou à l’autre bout du monde nous caractérise également. Le partage des compétences, de bonheur : United we stand!

La tolérance : il faut s’adapter à nos utilisateurs en permanence et être tolérants les uns avec les autres. Enfin, l’écoute et le dynamisme sont également au cœur des valeurs fondamentales de Onetous.

Nous sommes tous trois autodidactes et inspirés par le management à la « Google ».

SWiTCH : Comment ont réagi vos proches lorsque vous leur avez annoncé votre projet ?
Sébastien Schropff : A l’annonce du projet, les membres de ma famille n’ont pas vraiment eu de réaction car cela paraissait presque normal et logique au vu de mon parcours personnel et professionnel. Seuls mes amis qui travaillent dans la finance ont eu des réticences en raison des risques.

SWiTCH : Quelles ont été vos plus grandes joies depuis la création de l’entreprise ?
Sébastien Schropff : L’équipe est complémentaire et porte le projet de façon unie. Les résultats de l’étude de marché sur 300 personnes sont également une source de satisfaction. En mars 2012, le lancement du prototype en version Bêta auprès de 100 testeurs a été un moment fort avec des retours positifs et gratifiants.

L’arrivée d’un investisseur extérieur (ayant rejoint l’aventure en tant que business angel en juillet 2012)  qui s’intéresse au projet et y participe est également un moment extrêmement positif également. Enfin, le lancement officiel le 17 septembre 2012 et la connexion simultanée de plusieurs centaines de personnes furent vraiment jouissifs !

SWiTCH : Quelle a été votre plus grande difficulté depuis le début de l’aventure ?
Sébastien Schropff : La recherche d’associés fut une tâche compliquée. Je n’ai pas le talent pour mener mon projet techniquement seul. Bien que passionné de web, je suis moins technicien et ne souhaite pas être seul dans une telle aventure.

Les 6 mois de travail avec un développeur n’ayant pas la fibre entrepreneuriale furent un moment difficile : nous avons dû nous séparer car nous ne partagions pas une vision commune du projet.
SWiTCH : Comment voyez-vous Onetous d’ici à 5 à 10 ans ?
Sébastien Schropff : Je souhaite aussi que Onetous atteigne plus de 100 salariés, se développe à l’international, soit rentable mais sans entrer en bourse pour garder un certain contrôle. L’idée n’est pas de faire de l’argent pour l’argent.

Nous voulons être une lean-startup, à savoir qu’aucun service n’est figé mais en perpétuelle évolution. Il est cependant difficile de dire ce que Onetous sera dans 10 ans. Enfin, une entreprise où il fait bon vivre, où les gens pourront me dire « merde » si nécessaire.
SWiTCH : Quels seraient vos conseils pour quelqu’un qui souhaiterait créer sa boîte ?
Sébastien Schropff : Il y aurait beaucoup à dire ! (rires) Disons pour faire simple :

  • Ne pas se poser de questions
  • En parler au plus grand nombre sans avoir peur de se faire piquer l’idée car la différence se fait sur l’exécution
  • Aller vite dans l’exécution, ne pas perdre de temps à essayer avant d’avoir quelque chose de parfait, mais plutôt sortir un modèle pour le tester et recueillir l’avis des utilisateurs
  • Le nerf de la guerre est le temps qu’il vous reste avant l’échéance

SWiTCH : Pourquoi avoir choisi de créer en France plutôt que la Silicon Valley ?
Sébastien Schropff : Beaucoup de subventions à la création et d’aides sont disponibles (allocations de retour à l’emploi, NACRE, crédit impôt-recherche, Oséo etc) et permettent au début de démarrer facilement. Cela dit, ça ne veut pas dire que je resterai en France à terme car il y a un mauvais signal culturelle et économique envoyé aux entrepreneurs.

En France, un entrepreneur qui réussit est un voyou alors que c’est une rockstar aux USA. Par contre, si tu échoues en France, tu es nul et tu deviens une persona non grata. Aux USA, c’est l’inverse : on t’écoute davantage car tu as de l’expérience. Cette mentalité évolue auprès des plus jeunes (-40 ans). Cela dit, l’Europe se fige et devient un musée. Beaucoup de mes amis ont fait le tour du monde. Je n’ai jamais voyagé mais j’entreprends.

Les investisseurs n’investissent plus dans notre secteur d’activité. Les charges et impôts sont destructeurs d’emploi en France, chose très décourageante pour les jeunes entrepreneurs. Nous irons surement à terme au Royaume-Uni ou en Belgique, car le coût du travail est moins cher et il y a une certaine proximité ou aux USA pour la culture entrepreneuriale. D’ailleurs, les activités web représentent 5% de la croissance en PPB en France contre 15% en Angleterre et plus encore aux USA.

SWiTCH : Quel est votre business model ?
Sébastien Schropff : Nous ne faisons pas de pub sauf pour les billets, ni de revente des fichiers et des données des utilisateurs pour créer une situation de confiance avec l’utilisateur. Par contre, nous touchons des commissions sur les évènements payants, des abonnements existent pour les professionnels. Il y a aussi un système d’achat de points qui a été mis en place. Mais la question clé n’est pas celle de trouver un bon business model mais de connaître quand celui-ci sera rentable !

 

SWiTCH Initiatives – ITW de Laurent Surbeck, PDG de Montagne TV

Envie d’en savoir plus sur les entreprises qui font bouger le monde de la glisse et du tourisme ? Dans le cadre des SWiTCH Initiatives, nous mettons en lumière des gens passionnés, qui créent des produits ou des services directement inspirés de leurs pratiques sportives. Avec près de deux millions de téléspectateurs, Montagne TV est la nouvelle « chaîne qui monte, qui monte » ! Nous rencontrons aujourd’hui son PDG, Laurent Surbeck.

SWiTCH : Peux-tu nous en dire plus sur ton parcours ?

Laurent Surbeck : Je suis né et j’ai grandi en région parisienne mais depuis tout petit j’ai développé une passion sans borne pour la montagne et son univers. Entre le ski en hiver et les vacances d’été, j’ai appris à découvrir cette culture, cette histoire.

Parallèlement, j’ai suivi un cursus supérieur dans une école de commerce et me suis rapproché assez naturellement des média. J’ai eu la chance de travailler dans de grosses structures comme le groupe Lagardère, NRJ et TV8 Mont-Blanc. Ce fut une aventure humaine extraordinaire. En 2008 j’ai souhaité me lancer en solo et j’ai crée ma propre société de production OXO-Media. C’est à ce moment que l’aventure Montagne TV a débuté…

SWiTCH : Comment l’idée de cette chaîne 100% dédiée à la montagne est-elle née ?
Laurent Surbeck : Depuis quelques années cette idée trottait dans la tête de Jean-Philippe Caille. A l’époque des premiers essais de TV sur le web, il avait déjà déposé le nom de domaine Montagne TV. Et puis en 2010, étant tous deux de vrais passionnés de montagne, nous avons décidé de nous lancer dans cette aventure et de redonner vie au projet.

SWiTCH : Quelle est ta plus grande satisfaction en tant que chef d’entreprise ?
Laurent Surbeck : Je pense que c’est le fonctionnement de la chaîne. Elle est exactement comme nous l’avions imaginé, c’est-à-dire une chaine de qualité avec de vrais experts dans leur domaine. Et puis, notre aventure ne s’achève pas ici, l’objectif étant de développer la marque Montagne TV.

SWiTCH : Quelles ont été les principales difficultés depuis le début de l’aventure ?
Laurent Surbeck : Sans hésiter, la plus grosse difficulté est de maîtriser le développement, de savoir dire non à certaines opportunités qui se présentent, de prendre le temps de se développer. Faire des choix, prendre des risques, ce sont des tâches indissociables de la fonction d’entrepreneur. Par ailleurs, comme toutes les chaines de télévision, nous devrons prévoir l’avenir de la diffusion, de la consommation de la télévision.

SWiTCH : Comment vois-tu Montagne TV dans 5 ans ?
Laurent Surbeck : La chaîne sera de plus en plus internationale, à la fois en termes de diffusion mais également en termes de réseaux de correspondants.

Elle sera aussi de plus en plus innovante. De nombreux projets d’envergure sont à l’étude concernant la science-fiction, la 3D, la création de programmes courts toujours plus innovants.

D’une manière générale, je souhaite que nous soyons présent sur l’ensemble de l’univers de la montagne (relais d’informations touristiques, relais de vente de produits de montagne, etc.). Décliner au maximum la marque Montagne TV est l’un de nos objectifs.

SWiTCH : Un conseil pour des jeunes entrepreneurs qui souhaiteraient créer leur société ?
Laurent Surbeck : Selon moi, la bonne formule consiste à suivre son idée créatrice et à s’entourer en amont d’un cabinet d’expertise qui pourra analyser et créer un prévisionnel. Toutefois, on ne peut jamais prévoir de quoi demain sera fait. Il faut avoir foi dans l’innovation et défendre son projet jusqu’au bout. Mes derniers conseils seraient de ne jamais croire que l’on peut tout faire tout seul et de rester humble en écoutant et en apprenant sans cesse des gens qui nous entourent.

SWiTCH : Y a t-il une question que l’on ne t’a pas posée et que tu aurais aimé que l’on te pose ?
Laurent Surbeck : Concernant mon projet personnel peut-être. Aujourd’hui mon objectif est de continuer à construire cette chaine avec un peu moins de moi. Même si le challenge me passionne toujours autant, il ne faut pas personnifier une société. Selon moi, chaque entreprise devrait pouvoir exister sans son fondateur. C’est la suite logique !

Et puis, j’aurais davantage de temps libre pour mes projets personnels : repartir en montagne, écrire un livre,…

SWiTCH : Merci Laurent et longue vie à Montagne TV !

 

 

SWiTCH Initiatives – ITW de Pilou Sassi de White Cristal

Envie d’en savoir plus sur les entreprises qui font bouger le monde de la glisse et du tourisme ? Dans le cadre des SWiTCH Initiatives, nous mettons en lumière des gens passionnés, qui créent des produits ou des services directement inspirés de leurs pratiques sportives. Aujourd’hui nous rencontrons Pilou Sassi, co-fondateur de White Cristal.

SWiTCH : Bonjour Pilou Sassi, peux-tu nous présenter ton parcours et ton entreprise ?

Pilou Sassi : Bonjour, j’ai 29 ans et je suis originaire d’Annecy. J’ai étudié à l’IUT Technologique d’Annecy jusqu’en 2000. C’est à la même époque que j’ai rencontré mon associé, Matthieu (33 ans), à Avoriaz. Il était alors étudiant à l’École Polytechnique de Graphisme de Lausanne. Il est plus artiste que moi qui suis plus attiré par les aspects marketing et techniques du produit. Nous sommes complémentaires, c’est une des raisons du bon fonctionnement de notre boîte. Nous avons créé White Cristal en Janvier 2008 sous un statut de SARL.

SWiTCH : Raconte-nous l’histoire de White Crystal ?

P.S : Tout a commencé par un voyage pendant l’hiver 2005-2006. Nous avons parcouru 64000 kilomètres en moins d’un an, du Canada à l’Argentine. Dans un backpacker à San Martin de Los Andes, nous avons rencontré un gars qui nous a présenté deux frères avec qui nous nous sommes tout de suite liés d’amitié. Leur père, qui possède une usine de fabrication de meuble en bois, nous a laissé faire nos premiers prototypes de skis.

Après un an et demi de réflexion, on s’est décidé à lancer White Cristal. Au départ l’idée était de faire nos propres skis de freeride et de freestyle, pas nécessairement de créer une marque avec une gamme complète. Finalement, nous avons décidé d’en faire une mais sans mettre beaucoup d’argent. Nous ne voulions pas non plus nous endetter car on souhaitait limiter les risques.

Nous avons été capables de créer des pièces uniques, c’est ce qui nous différenciait de nos concurrents. D’autres entrepreneurs avaient déjà eu l’idée (KaOrigin et Uniq), mais les deux sociétés ont coulé notamment parce qu’elles n’avaient pas une bonne communication et que les prix étaient trop élevés. Cela dit, au début, nous n’avons pas fait d’étude de marché. Ce qui signifie que nous n’avions pas de cible précise, pas de politique de prix, pas de positionnement sur le marché. En réalité, nous n’avons pas recherché la rentabilité à tous prix. Au début, on a tout fait au « feeling » !

Notre chiffre d’affaire s’élevait à 100K€ la 1ère année, nous l’avons ensuite doublé chaque année. Nous produisons toujours nos skis en Argentine, c’est certes moins rentable que de les produire en Asie, mais nous préférons la qualité à la quantité.

SWiTCH : Quelles sont les valeurs fondamentales et les facteurs concurrentiels de White Cristal ?

P.S : L’écoute, l’accessibilité et la proximité avec les clients. Cela nous permet « d’être vrai » et d’admettre plus facilement nos points faibles (ex : des semelles sèches qui demandent plus de fart).

 Cette attitude nous donne aussi plus de crédibilité auprès de la clientèle. Parfois, certains clients deviennent de bonnes connaissances et nous allons skier avec eux. En fin de saison nous reprenons contact avec nos clients pour avoir des retours sur les produits achetés. On gère tout nous même : de la création au SAV, en passant par la vente, le secrétariat, les commandes de matières premières, la communication, etc… Nous produisons en moyenne 400 paires de skis par an, donc nous connaissons nos produits au millimètre près. Ils sont vérifiés point par point. On est aussi très flexible sur nos horaires. Nous livrons quasiment les clients en mains propres: nous aimons voir leurs regards quand ils découvrent leurs skis !

SWiTCH : Le fait d’avoir créé ton entreprise pendant la crise économique a-t-il était un problème ?

P.S : Non, non pas du tout. On l’aurait créé de toute façon !

SWiTCH : Quelle est ta plus grande satisfaction en tant que Chef d’entreprise ?

P.S : Ma plus grande satisfaction a été de voir les premiers skis sortir et de savoir que c’était quelque chose que j’avais créé de A à Z. J’en retire beaucoup de fierté.

SWiTCH : Quel est ton conseil pour les rookies qui voudraient se lancer dans la création d’entreprise ?

P.S : Comme je l’ai dit, nous n’avions pas fait d’étude de marché au début. On est allé trop vite dans la démarche. Donc ma recommandation serait la suivante : prenez votre temps ! Allez-y doucement mais surement !

SWiTCH : Comment vois-tu White Cristal dans 5 ans ? Dans 10 ans ?

P.S : Nous espérons diffuser nos produits dans 20 pays différents dans les 5 prochaines années. Nous souhaitons nous développer au Canada, aux U.S, etc… afin d’avoir une bonne couverture géographique.

SWiTCH : Quels sont les moyens de communication que vous utilisez pour faire connaître la marque et les produits ?

P.S : Nous utilisons principalement les réseaux sociaux comme Facebook car nous ne faisons ni commercial ni marketing ! Le bouche à oreille et notre proximité avec les clients font le reste !

SWiTCH : Quelle est la question qu’on ne t’a pas posé et que tu aurais aimé qu’on te pose ?

P.S : Ce n’était qu’un délire au départ nous n’étions pas issus de ce milieu, nous ne savions pas fabriquer un ski, nous avons tout fait à la « roots ». Nous n’avons pas créé notre entreprise dans l’arrogance mais plutôt pour nous faire plaisir. Nous avons beaucoup de projets secondaires dans plusieurs domaines (street wear, optique…) mais nous avons aussi beaucoup de frein pour ces projets (prix, concurrence accrue et pratiquement aucune distribution en France). Notre dernier projet est de proposer aux entreprises des skis professionnels : « Skis Entreprises ».

SWiTCH : Merci Pilou et bonne continuation à White Cristal !

SWiTCH Initiatives – ITW de Maxime Schuler de Feel Event Spirit

Dans le cadre des SWiTCH Initiatives nous souhaitons vous faire découvrir des entreprises qui font bouger les choses, des gens passionnés, qui créent des produits directement inspirés de leurs pratiques sportives. Aujourd’hui SWiTCH a rencontré Maxime Schuler, co-associé de Feel Event Spirit.

SWiTCH : Bonjour Maxime, peux-tu nous présenter ton parcours et ton entreprise ?

Maxime Schuler : Bonjour ! Nous allons commencer par le début, j’ai fait un ski étude à Moutiers où j’étais sportif de haut niveau en freestyle. J’ai ensuite basculé sur un DUT Techniques de Commercialisation à Annecy puis sur un Bachelor en Business International aux Pays-Bas et en Chine. Je me suis associé avec Charlie en Mars 2010, il a sensiblement le même parcours que le mien, pour créer notre jolie boîte qui s’appelle Feel Event Spirit ! Aujourd’hui j’ai 25 ans et Charlie24, cela fait déjà bientôt deux ans qu’on a lancé notre projet…

SWiTCH : Quel est le risque de faire du business avec ses potes ?

M.S : Ce n’est pas évident de concilier vie professionnelle et personnelle. Pour nous ça se passe bien, on ne s’est jamais pris la tête, on a toujours su faire la part des choses. Nos différentes idées et compétences sont complémentaires. Nous partageons la même passion, ce qui nous permet d’avoir la même vision des choses ! Et puis on se connait suffisamment bien pour savoir ce que l’autre pense. Il pourrait très bien répondre à ma place et vice-versa !

SWiTCH : D’où vient le nom Feel Event Spirit ?

M.S : Nous travaillons dans le milieu des action sports, des sports de glisse, des sports de sensations. Feel c’est à la fois la sensation liée à ces pratiques mais aussi l’importance d’avoir de bonnes relations avec les gens avec lesquels on travaille. Avoir un bon feeling avec nos clients ou partenaires. L’idée c’est aussi de dire, « laissez nous sentir l’évènement ! ». On sent les choses parce qu’on connaît le milieu, faites-nous confiance. Ensuite Event Spirit car notre état d’esprit colle parfaitement avec l’évènementiel, c’est un milieu qui nous plait et qui nous va bien. L’événementiel c’est une solution de communication participative qui marque les esprits, la conception d’événements sur mesure et créatifs c’est le job que l’on aime le plus.

SWiTCH : Quelle est l’histoire de la boîte ?

M.S : Après une réflexion de deux ans, nous avons créé la boîte en Mars 2010. C’est un projet auquel on réfléchissait déjà quand on était étudiant. Dès la fin de nos études on a eu envie de créer notre propre structure, à la fois pour être indépendant, mais aussi pour aller dans la direction qu’on souhaitait ! Notre but c’est vraiment de développer le secteur des action sports, en créant des nouvelles manifestations, en accompagnent des athlètes ou des marques pour qu’ils soient mieux reconnus – comme le dit Kevin Rolland : « Plus de ski freestyle à la télé ! » :-). En résumé, nous voulons partager avec le plus grand nombre les valeurs qui nous animent. Au début on pensait pouvoir faire nos études et créer la boite en même temps, on s’est vite rendu compte que c’était impossible ! Quand Charly a passé les entretiens d’admission à Euromed Marseille, il a demandé aux entrepreneurs qui l’interrogeaient ce qu’il allait apprendre en Master. Ils lui ont répondu que le projet était bien avancé et qu’il fallait foncer ! Avec le recul nous ne regrettons absolument pas, surtout quand on compare notre expérience avec celle de nos copains restés à l’école…

SWiTCH : Quelles sont les valeurs fondamentales de Feel Event Spirit ?

M.S : Je pense que notre première valeur est la proximité avec nos partenaires. La dimension humaine est au cœur de notre projet.  Nous sommes très proche des gens avec lesquels nous travaillons. Une partie de notre activité concerne l’accompagnement d’athlètes. Charlie conseille Benoît Valentin par exemple, nous nous venons de créer notre boite, lui il entre dans la cours des grands… (la saison dernière il a remporté son premier globe de cristal, ndlr) L’objectif c’est de grandir, de progresser et de performerensemble !

Par ailleurs, l’engament dans les actions que nous menons est très important. Lorsque l’on part dans un projet nous nous donnons à 200% pour le mener à bien. Nous sommes exigeants avec notre travail.

SWiTCH : Quelle a été la principale difficulté rencontrée depuis l’idée créatrice de Feel Event Spirit jusqu’à aujourd’hui ?

M.S :Les difficultés on les a rencontrées une fois qu’on avait les pieds dedans ! La première a été d’accepter la différence entre le temps entreprise et le temps institutionnel. Quand on travaille avec des institutions, on se rend compte que le processus de décision est beaucoup plus long et complexe que pour une entreprise normale. Il faut savoir être patient ! Le marché de la communication et de l’évènementiel est très concurrentiel et presque saturé. Ce n’est pas facile d’y faire sa place. Malgré cela, le milieu nous a relativement bien accueillis, du fait de notre vision jeune et branché, ainsi que notre connaissance du milieu des action sports.

SWiTCH: Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite monter son entreprise ?

M.S : En toute modestie, ça ne fait que deux ans que nous avons créé la boîte et je trouve un peu prétentieux de vouloir donner des conseils à un jeune créateur d’entreprise. Je pense qu’on n’a pas encore assez de recul pour se le permettre. La seule chose que je peux recommander, c’est de vraiment prendre le temps de réfléchir à son projet. Une fois que la machine est lancée, on ne revient pas en arrière et il faut croire à 100% à son idée. Il faut avoir l’envie, la détermination et le punch pour y arriver. C’est un combat de tous les jours.

SWiTCH : Vous avez créé Feel Event Spirit en pleine crise économique, est-ce que vous en avez ressenti les effets ?

M.S : Comme c’était notre première année d’activité, on n’avait pas d’élément de comparaison. On a commencé au plus mauvais moment, on ne pouvait que progresser par la suite ! C’est vrai que le secteur de la communication et de l’évènementiel est souvent le premier à être coupé en période de crise, mais c’est aussi pour ça que nous proposons des solutions marketing alternatives, moins onéreuses et plus percutantes que des actions classiques. Et puis le point positif, c’est que nous n’avons pas eu à chercher d’emploi pendant la crise, on s’est créé nos propres postes !

SWiTCH : Comment a réagi votre entourage quand vous leur avez présenté votre projet ?

M.S : Je pense que nos proches ont été fiers de nous. Les gens se sont dit qu’on était courageux. Au niveau de la famille, le plus dur a été de leur faire comprendre ce qu’on allait réellement faire, surtout que ça n’a pas été évident pour nous dès le début ! « Mais c’est quoi votre métier ? » est une question qui revient assez fréquemment ! Au fur et à mesure on essaie de se rapprocher de notre cœur de métier qu’est l’évènementiel. Quoi qu’il en soit nos familles et amis nous ont toujours soutenu et encouragé.

SWiTCH : Comment gérez-vous la répartition du temps entre vie personnelle et professionnelle ?

M.S : La première chose, c’est qu’on a la chance de travailler dans un milieu qu’on adore. Quand on va sur le Red Bull Line Catcher à Vars, c’est crevant, mais on travaille dans un environnement extraordinaire. Quand on bosse on réalise un rêve de gamin ! Après, il faut quand même savoir souffler un peu même si ce n’est pas toujours facile de déconnecter du travail. On pense tout le temps à la boite, surtout que jusqu’à présent Charly habitait avec moi ! Il vient juste de se trouver un appart, ça va nous permettre de faire une coupure plus facilement. Heureusement, ma copine a une vie professionnelle très prenante, elle comprend que je ne sois pas toujours 100% disponible, même quand je suis censé ne pas travailler…

SWiTCH : Quelle est ta plus grande satisfaction ?

M.S : Quand les clients parlent de toi dans le bon sens et que le bouche à oreille s’active. C’est ce qui nous est arrivé avec Red Bull qui a parlé de nous à KTM. Quand des clients comme ça nous rappelle pour dire « les gars on a apprécié votre travail » ça fait vraiment plaisir.

SWiTCH : Quels sont les moyens de communication que vous utilisez ?

M.S : SWiTCH ! (rires). On travaille exclusivement en B2B, donc pas de communication grand public. Notre principal outil c’est notre site internet. Il nous offre la visibilité indispensable pour travailler aujourd’hui. Ensuite, on la chance d’avoir un bon réseau, les gens commencent à parler de nous, le bouche à oreille fonctionne très bien. On est aussi présent sur des salons, des meetings, des associations comme l’Outdoor Sport Valley, on travaille notre réseau. Il faut passer par là pour pouvoir faire des connexions.

SWiTCH : Quelle vision à 5 ans as-tu de Feel Event Spirit ?

M.S : A worldwide company, côté en bourse… (rires). Non c’est justement tout l’inverse. Nous souhaitons devenir une référence dans le milieu des action sports et garder notre aspect très qualitatif. On ne veut pas forcément grossir, avoir énormément d’employés et tout internaliser. On préfère externaliser certaines compétences. On va continuer à se concentrer sur notre premier métier qu’est l’évènementiel. A termes on souhaite pouvoir livrer des évènements clés en main mais on ne veut pas devenir une grosse boite et perdre notre aspect humain.

SWiTCH : Le mot de la fin ?

M.S : Nous débordons d’énergie, nous continuerons avec enthousiasme de partager notre passion pour les action sports ! Une pensée pour Antoine Montant et bonne année 2012.

SWiTCH : Merci Maxime et bonne continuation pour la suite !

SWiTCH Initiatives – ITW de Julien Durant de Picture Organic Clothing

Dans le cadre des SWiTCH Initiatives nous souhaitons vous faire découvrir des entreprises qui font bouger les choses, des gens passionnés, qui créent des produits directement inspirés de leurs pratiques sportives. SWiTCH a rencontré Julien Durant, co-créateur de Picture Organic Clothing.

SWiTCH : Bonjour Julien, peux-tu nous présenter ton parcours et ton entreprise ?

Julien Durant : Bonjour, j’ai 29 ans et je suis originaire de Clermont-Ferrand. En ce qui concerne mes études, j’ai fait STAPS, puis l’Euromed à Marseille. Je n’ai pas suivi le parcours classique ESC puisque j’ai fait choisi l’apprentissage. J’ai bossé pour Coca-Cola au département marketing sportif. Cela m’a permis d’obtenir mon premier boulot en marketing évènementiel toujours chez Coca, mais en Belgique cette fois ! J’ai rapidement changé et me suis retrouvé de chef de produit chez Oasis à Paris. Cela a été enrichissant professionnellement, mais la vie parisienne était atroce pour moi : dès qu’on veut faire un peu de sport on est obligé de prendre la voiture. Et puis mes potes me manquaient ! En avril 2008, Jérémy et Vincent m’ont appelé et c’est là que tout a commencé…

SWiTCH : Raconte-nous l’histoire de Picture Organic Clothing.

J.D : On a commencé à échanger sur ce qu’on voulait faire. On aimait Patagonia et on rêvait d’avoir leurs valeurs. Notre idée était de faire une ligne de vêtements 100% bio et éthique, mais colorée. En 2008, les fringues respectueuses de l’environnement étaient uniquement marron ou beige, et pas vraiment très « fun » en termes de coupes. A ce moment là, Vincent était étudiant en comptabilité et Jérémie gérait sa société de maîtrise d’œuvres, toute sa famille était architecte de père en fils, mais lui n’avait pas vraiment la « fibre ». Il a commencé à travailler à mi-temps, puis l’engouement et l’excitation du projet aidant, il s’est lancé à 100% dans l’aventure.

En Juin 2008, nous avons déposé la marque pour la France, ce qui nous quand même coûté 3 500€ avec la recherche d’antériorité. On a attendu 6 mois pour l’International, ça nous a laissé le temps de nous constituer un peu de trésorerie… En Septembre 2008, nous sommes allés au Salon de l’Armée et nous avons fait la découverte qui allait tout changer : le tissus biocéramique ! Il était utilisé sous forme de membrane par les chasseurs alpins français. A la suite de cette visite, nous avons tous mis 12000€, Vincent est devenu notre DAF, son père ainsi que Claude de Mota ont rejoint l’affaire. Cela a constitué une très bonne caution pour l’entreprise ! À ce moment là, le père de Vincent était le comptable de Picture, il faisait partie du board, mais continuait son activité.

Notre premier objectif était de faire des vestes. On a visité une dizaine d’entreprises turques sur une semaine, afin de trouver celle qui allait réaliser notre première collection de samples, pour voir… Bon, on a vite été juste en trésorerie !

En Novembre 2008, nous avons rencontré George Pessey de Jonathan & Fletcher. En se basant sur les dessins de Jérémy, il s’est occupé du modélisme des produits Picture. Il nous a demandé si on connaissait l’ISPO, on a répondu que non, la réponse fut la suivante : « Si vous n’êtes pas à l’ISPO, vous n’êtes nulle part ! » On a donc eu 2 mois pour faire un boulot qui en prend normalement 6… On était convaincu que ça allait marcher même si notre endettement était de 40000€. Depuis l’âge de 8 ans, j’ai toujours vécu à crédit cela ne m’a donc pas empêché de vivre. Je ne suis pas stressé pour ça. Il faut se faire plaisir, tu ne laisses rien sur cette terre, ce qui est pris est pris !

Les produits sont arrivés 3 jours avant l’ISPO, on a fait les shooting à 4h du matin et le catalogue est parti direct à l’imprimerie. Quant à nous, on a filé dans la voiture en direction de l’Allemagne ! On a débarqué le dimanche pour monter notre stand, fabriqué par mon père et un pote ébéniste. Le moins que l’on puisse dire c’est que le réseau à beaucoup compté pour nous. Notre fibre en céramique a fait le buzz pendant l’apéro Nivéale.

De Février à Avril 2009, on a tous fait une tournée commerciale de 20000 km. On a rendu visite a tous les magasins susceptibles de vendre nos produits et on y retournait 4 à 5 fois s’il fallait, jusqu’à ce qu’ils nous prennent quelques pièces. On a serré beaucoup de mains et laissé encore plus de catalogues… Nous avons livré en Septembre, avant certaines grandes marques, 45 jours plus tard tous les produits étaient vendus ! Les clients étaient obligés d’aller en station pour s’acheter un sweat-shirt Picture Organic Clothing. Certains ont même fait plus de trois heures de route !

D’après moi, la clé de ce succès est que nous avons su être cohérents entre les valeurs que nous mettions en avant et les produits proposés.

SWiTCH : Quelles sont les valeurs de Picture Organic Clothing ?

J.D : Nos valeurs fondamentales sont : rider, protéger et partager.  Notre claim, c’est « Ride for future ». Tout notre plan de communication se décline autour de ça. Nous ne sponsorisons pas des « riders », mais des « family members », c’est-à-dire des groupes de potes, qu’ils soient sportifs, artistes ou autre. On ne cherche pas non plus à être une marque hyper core et pointue.

SWiTCH : Quelle a été la ou les principales difficultés rencontrée(s) depuis l’idée créatrice de Picture Organic Clothing jusqu’à aujourd’hui ?

J.D : Un gros coup dur a été qu’on nous pique la moitié de notre container au port de Marseille pour notre deuxième collection en Septembre 2010. Ensuite, je dirais que pour une marque jeune comme la notre il est super difficile de s’aligner commercialement face aux grosses cylindrées du marché. Et en plus on vit chez nos parents ou à la charge de nos copines… Donc ce n’est pas facile tous les jours !

SWiTCH : Quelle est ta plus grande satisfaction ?

J.D : Ma plus grande satisfaction a été la reconnaissance du milieu. S’entendre dire que nos produits sont cools et que notre marque fait envie, c’est vraiment top !

SWiTCH : Quels sont les moyens de communication que vous utilisez ?

J.D : On utilise principalement le web et de la P.L.V en magasin. On fait aussi des salons et on se sert beaucoup des réseaux sociaux. C’est Jérémy qui gère ça, on utilise Facebook, twitter et notre blog. Le petit truc en plus qui a cartonné c’est qu’on a fait des cintres en carton avec des infos sur la marque. Pour la petite anecdote, on a même des gens qui appellent pour acheter uniquement des cintres!

SWiTCH : Comment vois-tu Picture Organic Clothing dans les prochaines années ?

J.D : Aujourd’hui, 50% de notre marché est en Rhône-Alpes. Dans 2 ans nous aimerions développer notre leadership en Europe ainsi qu’aux U.S. Nous sommes entrain de négocier avec une société d’agents.

Et dans 10 ans… Eh bien, je ne sais même pas où j’en serais dans ma vie personnelle, alors au niveau professionnelle encore moins ! Tant qu’il y aura des choses à développer je serais là !

SWiTCH : Des projets pour la suite ?

J.D : Nous souhaitons faire un voyage incentive, mais pas n’importe où : en Alaska ! Dès qu’on aura l’argent…

SWiTCH : Merci Julien et bonne continuation !

SWiTCH Initiatives – ITW de Romain Jamet de Lastage

Dans le cadre des SWiTCH Initiatives nous souhaitons vous faire découvrir des entreprises qui font bouger les choses, des gens passionnés, qui créent des produits directement inspirés de leurs pratiques sportives. Aujourd’hui SWiTCH a rencontré Romain Jamet, co-fondateur de la marque Lastage.

SWiTCH : Bonjour Romain, peux-tu nous présenter ton parcours et ton entreprise ?

Romain Jamet : Bonjour, j’ai fait un master en ingénierie et management des sports de glisse à l’université Bordeaux II. En 2007, j’ai fait le choix de passer ma dernière année dans un incubateur d’entreprise afin de réfléchir au Business Plan de Lastage. Avec deux amis, un financier issu d’Audencia Nantes et un graphiste de l’école Brassart nous avons élaboré un système de distribution inédit : le VIP Dealer. N’importe qui peut devenir VIP Dealer et vendre les produits Lastage, soit physiquement, soit par Internet. Les « agents » sont ensuite rémunérés grâce à une commission en fonction de leurs ventes via un compte Paypal.

Nous avons créé Earth Distribution en 2008, posé nos statuts et finalement commercialisé la marque en Novembre 2008. La première année devait être un test afin de voir comment réagissait le marché. Vu les résultats douze mois plus tard, on ne s’est plus posé ce genre de question !

SWiTCH : Raconte-nous l’histoire de Lastage.

R.J : On souhaitait amener quelque chose de nouveau sur le marché, proposer des produits qui ne se foutent pas de la gueule du monde, notamment en termes de respect de l’environnement. Sans être 100% écologistes ou membre d’une quelconque association, nous avions, et avons toujours, de fortes convictions quant à la préservation de l’environnement. On souhaitait créer une marque à notre image et voir si d’autres personnes pensaient comme nous !

SWiTCH : D’où vient le nom Lastage ?

R.J : C’est la contraction de « Last » et « Age » ce qui signifie le dernier moment avant de rentrer dans le chaos climatique. Notre logo est composé de trois gouttes de couleurs différentes, chacune symbolisant un des éléments sur lequel on peut rider. La goutte bleu représente l’océan (surf, bodyboard, etc.), la goutte magenta le noyau terrestre (ski, skate, etc.) et la goutte jaune le soleil (chute libre, base jump, etc.). Si l’on superpose ces trois couleurs primaires, on obtient du noir, symbole du chaos.

Nous avons aussi deux claims : « Back to reality » et « Conventions are dead, think true », qui reflètent autant nos produits que notre façon de penser.

SWiTCH : Quelles sont les valeurs de Lastage ?

R.J : On a de fortes valeurs environnementales. Cela dit, nous ne souhaitons pas être moralisateurs, nous ne critiquons personne. Quand tu crées une entreprise, quoique tu fasses tu impactes la nature. Nous essayons d’être exemplaires, de faire les choses proprement. Nous étudions l’Analyse de Cycle de Vie de nos produits et nous avons effectué un bilan carbone de notre activité avec Mountain Riders.

En ce qui concerne les produits, nous travaillons avec du coton bio  pour les tee-shirts et les sweats. Ces produits sont fabriqués en Turquie et malheureusement acheminés en France par camion pour le moment. Nous essayons de mettre en place un système de transport par bateau mais cela induit un délai de livraison trop long. Nos boardshorts sont fabriqués à partir de PET recyclé.

Nous recyclons 100% de notre gamme et invitons tous nos clients à déposer leurs produits éco-conçus en magasin quand ils ne les portent plus. Pour un produit ramené, nous offrons 10% de remise sur le prochain achat.

SWiTCH : C’est le même processus que Patagonia ?

R.J : Exactement, d’ailleurs notre idée c’est d’être le Patagonia des 15-30 ans, mais en nettement plus « Rock’n Roll » !

Pour en revenir au recyclage, on a remarqué qu’il y avait de gros progrès à faire en France. C’est une pratique à laquelle les Français ne sont pas habitués.

SWiTCH : Quelle a été la principale difficulté rencontrée depuis l’idée créatrice de Lastage jusqu’à aujourd’hui ?

R.J : En fait c’est une difficulté à laquelle on commence juste à être confrontée ! Notre système de VIP Dealer, qu’on pensait sans faille, commence à nous poser problème. Ils sont de plus en plus nombreux (250 sur internet et 30 auto-entrepreneurs), ils voyagent beaucoup car ils sont passionnés de sports de glisse, la plupart d’entre eux font les saisons… C’est difficile de trouver du temps pour les former, pour fixer des objectifs cohérents ou pour anticiper le chiffre d’affaire global. On est en train de réfléchir à plusieurs solutions, on installe un concept store à Biarritz l’année prochaine et si cela fonctionne pourquoi pas un réseau de magasins franchisés Lastage !

SWiTCH : Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite monter son entreprise ?

R.J : Le plus important est de ne jamais baisser les bras. Quand on a créé Lastage, on ne pensait pas qu’il y aurait autant de galères, mais on a réussi à s’en sortir et à garder la tête hors de l’eau. Si on ne voit pas de sortie, il faut en créer une !

Je pense qu’il faut aussi contrôler de très près les aspects financiers et savoir jouer avec son endettement.

SWiTCH : Est-ce que vous avez procédé à des augmentations de capital ?

R.J : Oui, initialement de 10 000 euros, nous avons fait entrer d’autres investisseurs, pour le monter à 70 000 euros. Le but de cette augmentation est d’apporter du crédit à la société face à nos fournisseurs mais aussi de la valoriser intelligemment pour la faire grandir de la meilleure des façons.

SWiTCH : Quelle est ta plus grande satisfaction ?

R.J : Durant les évènements qu’on organise, comme le Zarbi Tour, on se rend compte du monde qui est derrière nous, qui nous pousse et nous soutient. C’est quelque chose qu’on n’imagine pas trop lorsqu’on est au bureau mais dès qu’on est en contact avec nos clients, nos VIP dealers, on se rend compte que tous ces gens-là partagent les mêmes valeurs. Parfois on a l’impression qu’on est en train de lever une armée ! C’est vraiment grisant !

Lastage ce n’est pas une marque, c’est une culture. On souhaite se développer mais pas à n’importe quel prix. On fait les choses à notre rythme. Si on se développe trop vite on se prostitue !

SWiTCH : Quels sont les moyens de communication que vous utilisez ?

R.J : Essentiellement le marketing viral. Quand on a lancé Lastage, on avait un budget marketing de 1000€, on a fait des stickers et c’était fini. Il a donc fallu trouver des solutions gratuites et efficaces. On est très présent sur les réseaux sociaux, les plateformes vidéo, etc. On fait aussi de l’évènementiel et du sponsoring.

Notre réseau de VIP Dealers représente aussi un bel outil marketing, il nous a amené des parutions presse et nous permet de créer un important réseau de contact.

SWiTCH : Quelle vision à 5 ans as-tu de Lastage ?

R.J : On souhaite grandir, mais ce qui est primordial pour nous c’est de garder nos valeurs. On ne veut pas augmenter notre CA à n’importe quel prix. L’objectif c’est de mettre en place un réseau structuré de VIP dealers, de magasins franchisés et de se développer à l’international.

SWiTCH : Est-ce qu’il y a un sujet que nous n’avons pas abordé mais dont tu aurais voulu parlé ?

R.J : On souhaite se lancer dans l’évènementiel éco-responsable. On va faire quelque chose de nouveau, créer la surprise,… et c’est pour bientôt !

Je souhaitais également remercier tous les gens qui nous soutiennent et notre réseau de VIP dealer car ce sont eux qui font ce que nous sommes.

SWiTCH : Merci Romain et bonne continuation pour la suite !

R.J: Merci à toi et longue vie à SWiTCH !

Crédits Photos : Lastage (Aktaes et Greg Moyano)

SWiTCH Initiatives – ITW de Thomas Rouault de Snowleader

Dans le cadre des SWiTCH Initiatives nous souhaitons vous faire découvrir des entreprises qui font bouger les choses, des gens passionnés, qui créent des produits directement inspirés de leurs pratiques sportives. SWiTCH a rencontré Thomas Rouault (29 ans aujourd’hui !), co-fondateur du site de vente en ligne Snowleader, « The Reblochon Compagny ».

SWiTCH : Bonjour Thomas, peux-tu nous présenter ton parcours et ton entreprise ?

Thomas Rouault : Bonjour, j’ai fait mes études supérieures à Nice Sophia Antipolis (aujourd’hui Skema Business School) complétées par une césure et un apprentissage chez Nike pendant deux ans. A la fin de mes études je ne savais pas exactement ce que je voulais faire, j’ai enchainé plusieurs emplois qui ne m’ont pas vraiment intéressé. J’étais et je suis toujours passionné par Internet et les sports outdoor, je me suis dit pourquoi ne pas me lancer dans le e-commerce ? On a donc crée Snowleader à 4 il y a 3 ans. Aujourd’hui Snowleader, c’est dix salariés, 2,3 millions d’euros de chiffre d’affaire sur le dernier exercice, 6000 produits en ligne.

SWiTCH : Raconte-nous l’histoire de Snowleader?

T.R : Snowleader est né d’une idée : créer un magasin similaire aux plus beaux magasins de station, proposant les plus beaux produits… mais sur Internet ! Notre volonté initiale était de proposer tous les produits liés aux pratiques sportives de la région Annécienne. Le souci c’est qu’aucune marque ne nous faisait confiance, il a donc fallu que l’on s’associe avec un magasin de sport du Grand Bornand pour pouvoir ouvrir des comptes clients et recevoir de la marchandise. En 6 mois on faisait le même chiffre d’affaire que ce magasin…

SWiTCH : D’où vient le nom Snowleader ?

T.R : On cherchait un nom qui ne fasse pas « cheap ». On s’est inspiré des magasins de stations, on a cherché un nom qui soit fort et disponible en .com ! On est donc parti sur Snowleader, mais on trouvait que cela faisait trop sérieux. Comme nos premiers locaux étaient basés au Grand-Bornand, on a décidé de lier une activité pastorale – la fabrique du reblochon – au e-commerce. Le but c’était de faire profiter les agriculteurs du développement du e-commerce, c’est pourquoi Snowleader « the reblochon company » offre un reblochon fermier pour toutes commandes supérieures à 150€.

SWiTCH : Quelles sont les valeurs de Snowleader ?

T.R : Nous ne faisons jamais de prix cassés, contrairement à la tendance du e-commerce (85% du business sur Internet ce fait avec des prix barrés). Nous défendons les beaux produits, les produits introuvables ailleurs. Nous proposons un service client irréprochable au niveau du conseil, de la disponibilité produit ou encore de l’expédition. Et bien sur le reblochon !

SWiTCH : Comment gérez-vous le conseil client, qu’est-ce qui vous différencie d’un shop classique ?

T.R : Quand tu es en magasin, tu n’as pas forcément le bon produit en stock pour ton client, du coup tu ne veux pas perdre une vente et tu diriges ton client vers un produit qui sera peut-être moins adapté. Nous on s’engage sur une disponibilité et on a toujours le bon produit au bon moment pour le bon client. Nous avons deux personnes à plein temps pour le conseil client, nous sommes disponibles par téléphone, mail, skype, etc. Nous essayons d’être irréprochables sur cet aspect, c’est notre point fort et l’un de nos éléments différenciant.

SWiTCH : Quelle a été la principale difficulté rencontrée depuis l’idée créatrice de Snowleader jusqu’à aujourd’hui ?

T.R : Je dirais que le plus dur aura été de faire la part des choses entre tous les conseils qu’on nous donnait et ce que nous voulions vraiment faire. Quand on a lancé Snowleader, l’activité e-commerce en était à ses débuts, surtout dans notre domaine ! Il n’y avait pas ou peu d’écrits sur ce type d’activité mais beaucoup de personnes se sentaient investies d’un grand savoir et nous abreuvaient de conseils. Je pense qu’il faut être capable de faire la part des choses, faire confiance à son instinct et ne pas se laisser influencer. Il faut mettre en œuvre ses propres idées.

SWiTCH : Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer dans le e-commerce ?

T.R : Je pense qu’il faut d’abord penser à son référencement sur Google avant même de déterminer son activité. Si je l’avais fait j’aurais certainement vendu d’autres types de produits ! Il faut aussi prendre en compte, voir surestimer, le coût financier du référencement.

SWiTCH : Quelle est ta plus grande satisfaction ?

T.R : Avec 10 000 euros lors du lancement de Snowleader on est arrivé à monter une entreprise qui après trois ans fait 2,3 millions d’euros de chiffre d’affaires.

SWiTCH : Est-ce que vous avez procédé à des augmentations de capital ?

T.R : Non ! C’est d’ailleurs un problème, ton business marche mais comme tu ne l’abreuves pas financièrement les banques ont plus de mal à te faire confiance. Un spécialiste du e-commerce dirait : avec 10 000 euros vous faites 2,3 millions, si je te donne 30 000 euros vous multipliez le CA par trois ! Malheureusement, les banques n’ont pas la même approche. En France, il y a des aides qui existent pour les créations d’entreprises (exonération de charges, etc.), mais il n’existe rien pour des entreprises dans notre situation.

SWiTCH : Comment gérez-vous les stocks face à un tel accroissement d’activité ?

T.R : On a essayé d’anticiper la croissance. On essaie d’avoir le minimum de surstocks possible. Paradoxalement, notre stratégie de ne jamais faire de prix barrés nous permet d’écouler plus facilement nos surstocks en période de soldes.

SWiTCH : Quels sont les moyens de communication que vous utilisez ?

T.R : On communique essentiellement sur le web via des affiliations, AdWords, des bannières, des comparateurs de prix. On fait également des parutions dans la presse papier, à la radio et… peut-être bientôt à la TV !

SWiTCH : Quelle vision à 5 ans as-tu de Snowleader ?

T.R : Nous souhaitons devenir une alternative au Vieux-Campeur, élargir notre domaine de compétence. Aujourd’hui ce qui nous freine c’est la compétence technique pour le conseil client. On peut conseiller quelqu’un pour un trekking au Népal ou un trip ski dans les Lofoten, mais nous ne sommes pas encore compétents sur des activités comme le kite-surf, le surf ou le VTT par exemple.

SWiTCH : Est-ce qu’il y a un sujet que nous n’avons pas abordé mais dont tu aurais voulu parlé ?

T.R : Le e-commerce dans le secteur outdoor est un business à part entière, c’est exactement comme un commerce, il y a énormément de charges. Il faut arrêter de croire que c’est simple et qu’il n’y a pas de charge !

 SWiTCH : Merci Thomas, bonne continuation pour la suite et bon anniversaire !

SWiTCH Initiatives – ITW de Virginie Rosa de Sorky

Dans le cadre des SWiTCH Initiatives, nous souhaitons vous faire découvrir des entreprises qui font bouger les choses, des gens passionnés, qui créent des produits directement inspirés de leur pratique sportive. Aujourd’hui SWiTCH a rencontré Virginie Rosa, responsable du bureau d’étude Sport Contrôle et de la marque qui fait de plus en plus parler d’elle sur les beachbreaks du sud-ouest : Sorky.

SWiTCH : Bonjour Virginie Rosa, pourriez-vous nous présenter votre parcours et votre entreprise ?

Virginie Rosa : Bonjour, je dirige le bureau d’étude Sport Contrôle basé à Bidart sur le campus de l’ESTIA (Ecole Supérieure des Technologies Industrielles Avancées). J’ai un Doctorat en Sport et Santé. J’ai travaillé chez Décathlon comme ingénieur R&D puis à mon propre compte dans une société de conseil en création d’entreprise innovante. J’ai ensuite rejoint Sport Contrôle en tant que responsable du bureau d’étude.

SWiTCH : Racontez-nous l’histoire de la marque.

V.R : Sorky a été créée en 2008 à l’initiative de 4 médecins passionnés de surf. Face à de nombreux patients atteints d’exostose (rétrécissement du conduit auditif externe de l’oreille principalement dû à une pratique du surf en eau froide) les médecins ont eu la réflexion suivante : pourquoi ne pas mettre en place une action préventive afin de prévenir cette pathologie ? Bien souvent les surfeurs atteint d’exostose ne s’en rendent compte qu’une fois qu’elle s’est développée. L’intégration d’un étudiant en école d’ingénieur et surfeur a permis de concrétiser ce projet.

SWiTCH : Pourquoi ne pas utiliser de bouchons d’oreilles standards ou des bouchons d’oreilles de natation ?

V.R : Tout d’abord nous avons essayé de comprendre pourquoi ils n’étaient pas portés. Trois raisons principales sont ressorties:

  • Le son ne passe pas bien : caisse de résonnance.
  • Sensation de pression dans l’oreille.
  • Sensation de chaleur dans l’oreille, l’oreille ne « respire » pas.

C’est pourquoi il fallait une innovation, nous voulions créer un tympan artificiel. La marque Sorky est d’ailleurs un dérivé du mot basque Sorkunza qui signifie innovation.

SWiTCH : Quelles sont les valeurs de Sorky ?

V.R : Nous sommes très axés sur la prévention des risques liés à la pratique sportive. Nous essayons d’être le plus possible à l’écoute des pratiquants. Les valeurs de Sorky sont donc de prévenir pour garder du plaisir.

SWiTCH : Les bouchons d’oreille Sorky peuvent-ils être recyclés ?

V.R : Nous sommes en train d’y travailler avec notre fournisseur. Techniquement, le bouchon peut être recyclé, ce qu’il nous manque c’est un marché intéressé par la matière afin que l’industriel puisse investir… Au niveau environnemental nous essayons de limiter au maximum les transports, c’est pourquoi nous travaillons prioritairement avec des entreprises locales.

SWiTCH : Quelle a été la principale difficulté rencontrée depuis l’idée créatrice de Sorky jusqu’à aujourd’hui ?

V.R : La commercialisation ! Le produit est efficace, il plait, mais nous avons eu beaucoup de mal à le commercialiser. C’est extrêmement frustrant, surtout après plusieurs années de travail. Nous n’avions pas de profil commercial dans notre équipe, nous sommes tous très axés sur les aspects médicaux et techniques du produit.

SWiTCH : Comment avez-vous résolu le problème ?

V.R : Nous travaillons avec des distributeurs reconnus sur le marché du surf.

SWiTCH : Quel serait le conseil que vous donneriez à une personne qui voudrait créer une entreprise avec un produit innovant?

V.R : Avec le recul on se rend compte que nous aurions d’abord dû vendre en direct sur de très petits volumes afin de construire et de maitriser notre marché. Ensuite il aurait été nécessaire de faire une sorte de benchmark des différents canaux de distribution afin de définir ceux qui convenaient à Sorky. Ceci aurait permis de mieux comprendre le discours des distributeurs et de négocier sur des bases objectives. Donc mon conseil serait de ne pas négliger cette face commerciale en termes de temps et d’argent dans le financement de l’entreprise. Tout ne doit pas être consacré à la R&D.

SWiTCH : Quels canaux de distribution utilisez-vous aujourd’hui ?

V.R : Nous proposons de la vente en ligne sur notre site internet. Mais les ventes sont surtout réalisées par le réseau de surf shop au travers de notre distributeur FCS – Surf Hardware. Sur ce circuit, le produit est commercialisé dans quasiment toute l’Europe de l’Ouest ; un démarrage commercial a également lieu en Australie. Sorky est aussi vendu en pharmacie, parapharmacie et chez des audioprothésistes. D’autres magasins de nature, de triathlon et d’outdoor sont également intéressés, mais nous commençons tout juste.

SWiTCH : Quels sont les moyens de communication que vous utilisez ?

V.R : Pour l’instant nous sommes sur un marché de niche, la protection auditive du surfeur. Nous communiquons presque uniquement autour de cette pratique. Nous sommes présents sur des contests de surf comme le Roxy Jam à Biarritz, nous avons participé au concours de l’Eurosima en 2010 où nous avons gagné l’Award de la meilleure innovation technologique. Nous avons un team, composé d’Antoine Delpero (champion du monde de longboard ISA en 2009), Pierre Louis Costes (8 fois champion de France et 2 fois champion d’Europe) et Pauline Ado (Championne du monde junior en 2008).

Nous essayons aussi de nous créer une image sur les réseaux sociaux mais ce n’est vraiment pas évident de savoir comment communiquer.

Nous sommes aussi en train de finaliser une étude médicale qui vise à prouver scientifiquement l’efficacité des produits Sorky. Jusqu’ici aucune structure de conception de bouchons n’a, à ma connaissance, réalisé une telle étude.

SWiTCH : Quelle vision à 5 ans avez-vous de la marque Sorky ?

V.R : Nous souhaitons être reconnus comme la référence dans l’équipement de protection lié à la pratique du surf. Sorky est aujourd’hui une marque du bureau d’étude Sport Contrôle nous souhaitons qu’elle devienne une entreprise à part entière.

SWiTCH : Merci Virginie et bonne continuation pour la suite !

V.R : Merci à vous et bon Sorky !